mardi 3 décembre 2019

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ORTHODOX WEB


Église Orthodoxe


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La vérité

Ils aiment ses lumières,
mais ils ne peuvent souffrir ses censures.
Elle leur plaît quand elle se découvre,
parce qu'elle est belle;
elle commence à les choquer
quand elle les découvre eux-mêmes,
parce qu'elle leur montre qu'ils sont difformes.

—Saint Augustin, Confessions, X,23 Traduction de Bossuet

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De l’Himalaya jusqu’au Christ


Récit d’une ascension par le moine ressophore Adrien

A la decouverte du Dieu personnel

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Enseignements

Saint Syméon de Dajbabe, Monténégro (+1941)

101
Une mouche dans le lait et un mensonge dans un discours, sont tous deux odieux pour l'homme pieux.

102
Les gens obtiennent de l'eau des puits profonds avec une corde, tout commee les secrets sont obtenus des hommes frivoles par un discours flatteur.

103
Ne crains pas l'éclair près d'un paratonnerre, ni le juge lorsque tu n'as rien fait de mal.

104
Tout comme il y a des poissons ailleurs qu'en mer, le bonheur existe sans la richesse.

105
Ne joue pas avec les ordures d'un autre, et ne te préoccupe pas des affaires des autres, afin de ne pas perdre ton âme et ton temps.

106
Les lapins ont une terrible faiblesse: quand ils s'enfuient, ils s'arrêtent et écoutent, ce qui est agréable au chasseur. Beaucoup de gens sont morts pour cette raison, à la foi corporellement et spirituellement.

107
L'homme est fasciné par la force et le vol des aigles et par la manière qu'ils ont de régner dans le ciel, même si lui-même peut vaincre n'importe quel piège démoniaque. Tout comme un aigle fond sur une charogne, l'homme descend depuis sa dignité jusques dans la boue du vice. Et de même qu'un aigle s'envole à nouveau, l'homme peut dominer ses passions, et ceci est plus grand que toute puissance ou gloire terrestres.

108
Comme une mite qui tourne au-dessus de la flamme d'une chandelle peut à n'importe quel moment se brûler les ailes, l'homme perdu dans ses passions peut aussi perdre son âme.

109
De même que lorsque coule un bateau, même s'accrocher à de la mousse est bon, quand un homme pèche, ses larmes peuvent le sauver.

110
Ceux qui vont dans des avions pour voler, sont suivis par des regards curieux, tandis que ceux qui se tournent vers Dieu sont jugés par d'autres avec envie.

111
La bière semble amère à qui n'est pas habitué, tout comme la piété semble ennuyeuse à celui qui est immoral. Mais la bière peut devenir plus douce, et une personne immorale peut se repentir, si elle a le désir ardent de le faire.

112
Si la coquille d'un œuf se brise, il n'en sortira pas un poussin. Et si un chrétien ne vainc pas ses désirs pécheurs,, il ne ressuscitera pas pour la vie éternelle.

113
Comme les sœurs se réjouissent au mariage de leur frère, les anges le font lorsqu'un pécheur se repent.

114
Ne cache pas ta douleur au médecin et ton péché au prêtre, ainsi tu seras sain de corsp et d'esprit.

115
Si le toit de ta maison est fragile, enlève la neige, et si ton âme t'est chère, ne cache pas ton péché.

116
Comme l'eau éteint le feu, les larmes sincères éteignent tous les péchés.

117
Pleure pour tes péchés et fais des efforts pour le salut, afin que le repentir efface toutes tes dettes envers Dieu et envers les hommes.

118
Comme l'or est purifié par le feu, l'âme est purifiée par le repentir.

119
Chaque jour un marchand compte son profit et ses pertes. S'il se soucie autant d'une si misérable chose, comment se fait-il que tu ne te soucies point du salut éternel.

120
Comme une armée a besoin du clairon, les gens ont besoin de sermons.

* * *

Version française Claude Lopez-Ginisty



d'après

The Life and Works of Our Venerable Father Symeon of Dajbabe:
Collected Writings of Saint Symeon
(Podgorica: Dajbabe Monastery, 2004)
in
Orthodox Word N°270-271
St. Herman of Alaska Brotherhood,
Platina, California,
USA

Source:

http://www.orthodoxologie.blogspot.com

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Des dizaines de passereaux et d’autres oiseaux entraient et sortaient et au dehors de l’église par les fen êtres ouvertes de la coupole, gazouillant et chantant avec vivacité

Père Stéphane Anagnostopoulos:

Un fidèle m’a raconté un événement similaire qui a eu lieu à l’église de la Mère de Dieu qui s’appelle «Ecatontapyliani» et qui se trouve à Paros (dans les Cyclades, Grèce), pendant la Divine Liturgie de la veille de l’Épiphanie, en 1998.

Des dizaines de passereaux et d’autres oiseaux entraient et sortaient et au dehors de l’église par les fen êtres ouvertes de la coupole, gazouillant et chantant avec vivacité. Pourtant, à l’heure de la consécration des saints dons, ils se sont tus et immobilis és tous pour recommencer après l’ecphonèse: «Et en premier lieu pour notre très sainte…» [Notes personnelles de l’auteur].

Les propres paroles du Seigneur «Ceci est mon corps…ceci est mon sang…» (Marc 14, 22-24) à la sainte Cène, le soir du jeudi saint, témoignent de cette réalité du Changement du pain et du vin en Corps et en Sang du Christ. La constitution donc du saint sacrement est divine. C’est le Christ lui même qui en est l’auteur.

Les signes visibles du saint sacrement sont le pain au levain, le vin et la prière secrète «envoie ton Saint-Esprit sur nous et sur ces Dons…». Ce n’est pas seulement la grâce du Christ qui est transmise par la sainte communion comme c’est le cas d’ ailleurs pour d’autres sacrements, mais c’est le Christ, le Seigneur lui-même. Les fidèles qui reçoivent dignement le Corps et le Sang du Christ, s’ y intègrent, ayant les mêmes corps et sang que Lui. L’adhésion au Corps de l’église, c’est-à-dire l’incorporation, commence par le saint Baptême et s’achève avec la sainte communion, c’est-à-dire l’intégration. Cela veut dire que notre être tout entier reçoit d’une façon mystique la Vie-même, notre Seigneur et Rédempteur et l’incorpore.

Père Stéphane Anagnostopoulos, Vivre la Divine Liturgie, Expériences Liturgiques, Le Pirée 2011

Source:


ANIMALS OF MY HEART

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Quelques réflexions sur la Divine Liturgie

Père Georges Tsetsis

Le fidèle orthodoxe reçoit de l'Église et dans l'Église tout ce qui façonne sa physionomie spirituelle et tout ce qui nourrit sa vie. Il est en effet appelé à s'épanouir dans une spiritualité ecclésiale et liturgique. En l'Église il se trouve constamment en contact avec les vérités fondamentales de la vie chrétienne et, en particulier, avec les grands dogmes trinitaires et christologiques du christianisme.
L' atmosphère sacrale des offices byzantins, la continuelle méditation des grandes vérités dogmatiques, des perspectives les plus essentielles de la vie spirituelle évoquées par les hymnes, font de la vie liturgique une magnifique catéchèse christologique et trinitaire. L'Église apparaît ainsi comme une présence vivante, livrant pour la nourriture de ses enfants les éléments constructifs de sa tradition, les textes de la Liturgie et les écrits des Pères.

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Saint Aaron d’Aleth, France,
du pays de Galles (+552)

21 et 22 june

Saint Aaron d’Aleth est né probablement au pays de Galles. Il devint ermite dans une petite île en face de la cité d’Aleth (devenu le quartier de Saint-Servan). L’île de saint Aaron est aujourd’hui raccordée au continent : c’est la cité de Saint-Malo.

Saint Aaron fut le fondateur du monastère d’Aleth. Il est aidé dans sa tâche par un autre moine gallois qui venait de le rejoindre : Maclow ou saint Malo, qui le choisira comme père spirituel.

Il est mort vers 552.

Fête le 21 juin à Saint-Malo et le 22 juin ailleurs.

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Le Prêtre et la touriste Américaine en Grèce

Hiérimoine Tryphon, Washington, É.-U.A.

Une femme protestante de Tacoma (état de Washington), était en vacances avec son mari dans la ville grecque d’Athènes. Chaque jour, elle se rendait dans un petit café près de l’hôtel pour prendre son café et regardait les habitants passer. L’un de ces habitants était un prêtre orthodoxe qui passait près du café en allant à son église paroissiale. La femme souriait et le prêtre hochait la tête, souriait et continuait son chemin.

Un jour, ce prêtre grec, qui parlait anglais, remarqua que la femme américaine avait un regard triste sur son visage et il s’approcha de sa table et demanda si quelque chose la troublait. Elle éclata en sanglots et raconta au prêtre les problèmes médicaux de son mari, et qu’elle craignait pour le pire. Le prêtre s’est assis avec elle et a prié pour elle et son mari. Chaque jour, il s’arrêtait pour s’asseoir à sa table, priant pour le rétablissement de son mari.

Quelques semaines se sont passées et le mari a récupéré de sa maladie et est revenu aux États-Unis avec sa femme. Le souvenir de la compassion de ce prêtre pour une femme étrangère est resté dans sa mémoire toutes ces nombreuses années. Elle a partagé ce souvenir avec son médecin, qui est un de mes amis, et je partage (N.d.T c’est-à-dire l’hieromoine Tryphon) ce souvenir avec vous.

Quel véritable disciple et serviteur du Seigneur était ce prêtre généreux ! Puissions-nous, comme ce prêtre, être à l’écoute de ceux qui en ont besoin et que le Seigneur nous met sur nos chemins . Puissions-nous avec des cœurs ouverts toucher et apporter la guérison à ceux qui souffrent, leur faire savoir que nous nous soucions pour eux et qu’ils ont un ami pendant leur temps de chagrin, de besoin et de désespoir.

Avec l’amour en Christ,

Hiérimoine Tryphon.

https://www.facebook.com/Abbot-Tryphon-1395030584153681/ (post du 27 juin 2017 )

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Sainte Pharaïlde de Belgique

et de Bruay-sur-l’Escaut, France (+740)

Sœur de Ste Gudule et nièce de Ste Gertrude de Nivelles, Pharaïlde voit le jour dans la région de Gand (Belgique). Malgré son désir de se consacrer à Dieu, ses parents l’obligent à épouser un jeune seigneur prénommé Guy. Elle devient rapidement veuve et profite de sa liberté pour se consacrer entièrement à la prière et à la charité.

Plusieurs miracles lui sont attribués, dont celui, d’une oie à qui elle aurait rendu la vie alors qu’elle avait déjà été tuée et plumée. Ses reliques ont reposé temporairement dan l’abbaye Saint-Bavon de Gand, avant d’être plusieurs fois transférées en divers lieux pour échapper aux dévastations causées par les guerres.

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Sainte Pharaïlde, ou Veerle en néerlandais, est une sainte ayant vécu de 650 à 740 – ce qui est une exception pour l’époque. Elle est née en Belgique, dans l’actuel Brabant, et a vécu à Steenockerzeel en Belgique et à Bruay-sur-l’Escaut dans le nord de la France.

Le début de sa vie

Elle est née en 650 en Gaule septentrionale. Sa famille possédait beaucoup de biens dans ce qui est actuellement le Hainaut et le Brabant ; certains historiens désignent le domaine de Geetbroek et celui de Gherbroek, près du château de Ham, entre Bruxelles et Malines. Son père s’appelait Thierri (Duiderik en Flamand), c’était un noble qui accompagnait le roi dans ses campagnes et, en temps de paix, vivait dans ses domaines et villas. Comme toutes les filles de bonnes familles de l’époque, elle reçut une solide éducation religieuse au monastère de Nivelle dirigée par Sainte Gertrude.

Sa vie à Bruay-sur-l’Escaut, France

Fille noble, elle ne choisit pas son mari ; on la maria avec Guy, le fils d’Othon, le chef d’une tribu saxonne établie à Bruay sur l’Escaut. Guy se blessa gravement lors d’une partie de chasse à cheval, Pharaïlde le soigna et il se remit lentement mais mourut de maladie. Veuve et seule très vite, elle rendit d’innombrables services à la population, elle avait les moyens et le savoir pour cela.

Les miracles

À Bruay-sur-l’Escaut, elle fit jaillir une source en frappant le sol de son fuseau pour étancher la soif des ouvriers qui travaillaient aux champs et qui n’avaient rien à boire.

Dans un de ses domaines de Bruay ou de Steenockerzeel, suivant les versions des historiens, une troupe d’oies sauvages vint se poser. Un domestique en captura une et la mangea en famille. Pharaïlde l’apprenant, demanda qu’on lui apporte les restes de l’oie et lui rendit la vie.

La fin de sa vie

Elle mourut à l’âge de 90 ans en 740, ayant rendu d’innombrables services de son vivant. Elle est inhumée dans la chapelle dédiée à Saint Jean-Baptiste qu’elle avait construite. Cette chapelle devint l’église Sainte Pharaïlde, probablement à Bruay-sur-l’Escaut. Les personnes commencèrent à la prier juste après sa mort car ils la considéraient comme une sainte et c’est grâce à eux que sa sainteté éclata. Son culte est ratifié en 754. En 810, on parle du sanctuaire de Pharaïlde dans une vie de Saint Saulve, martyrisé à Beuvrage. En 914, dans une charte du Roi Robert, on parle d’une Basilica beatae Pharaïldis qui a été détruite par les Normands pendant leur invasion de 879-883.

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Le cheminement secret d'un chef amérindien Mohawk vers l'Orthodoxie

Samedi soir. Très peu de lumières étaient allumées. Dans la cathédrale russe de Saints Pierre et Paul, les vêpres venaient de commencer. Les silhouettes sombres de quelques fidèles qui assistaient au service étaient devenues plus distinctes car des cierges avaient été allumés, un à un, sur leurs supports. L'iconostase de l'autel était très imposant, il avait été sculpté par des artisans expérimentés, au début du siècle...
C'était la deuxième fois que je venais aux Vêpres, il y a de cela des années... Les paroles de la prière "Lumière joyeuse" en slavon donnaient une sensation de paix intérieure et de détente. Tout semblait être en prière à ce moment-là, dans ce jour qui était fini et ce jour qui devait venir. Après la folie de la journée, ce refuge de louange calmait effectivement les bêtes sauvages de l'esprit...
Dans la faible pénombre, je pouvais distinguer quelques-uns des profils de ceux qui étaient là: une vieille dame russe avec sa petite-fille, un homme grand et maigre d'âge moyen, une jeune fille de près de quinze ans, une jeune famille avec ses deux enfants... Et soudain, mon attention fut attirée par un personnage près de la grande fenêtre. Directement au-dessous, je distinguai une silhouette qui était complètement différente de toutes les autres. Il s'agissait d'un Indien de cinquante ans, vigoureux, aux traits caractéristiques, avec des cheveux longs attachés en queue de cheval qui atteignaient sa taille. Mon regard s'arrêta sur lui... Quel étrange personnage ! J'imaginai que c'était seulement un visiteur.
À la fin de l'office, je ne pus pas lutter contre l'envie de savoir. Je m'approchai de lui, désireux de le rencontrer.
-Yannis, lui ai-je dit en anglais. Bienvenue...
- Vladimir, répondit-il.
- Je suis grec. Et vous? Lui ai-je demandé.
- Moi aussi, répondit-il.
J'étais abasourdi... C'était la dernière chose que je m'attendais à entendre!
- Parlez-vous grec? Demandai-je.
Il fit une pause pour réfléchir un moment, puis il cita [le prologue de l'Evangile de saint Jean] en grec:
- "Au commencement était le Logos et le Logos était avec Dieu, et le Logos était Dieu."
En finissant cette phrase, il éclata de rire. Je ne savais quoi dire.
- Je suis indien, dit-il brusquement. Mais de toute façon, je me sens aussi russe et grec et serbe et roumain, parce que... je suis orthodoxe...
Une lueur apparut dans son œil, comme dans mon coeur ...
C'est ainsi que Vladimir et moi nous nous sommes rencontrés. Son vrai nom était Frank Natawe, avant de devenir orthodoxe et d'être baptisé sous le nom de Vladimir. Je mourrais d'envie d'entendre l'histoire de sa vie, à la fois par curiosité ainsi que par intérêt véritable...
Beaucoup plus tard, nous sommes devenus amis. Nous avons partagé de nombreuses conversations et promenades ensemble, en particulier dans son village indien. Il m'a montré des voies et des manières de faire totalement inconnues pour nous les blancs. Et toujours de manière simple et sans prétention. Sans aucune trace d'arrogance. Quand j'étais avec lui, j'ai toujours eu la forte sensation d'être à l'école, et chaque fois que j'ai admis cela devant lui, il m'a toujours dit que toutes les belles choses étaient à tous...
Cette première période est devenue inoubliable: quand j'étais emporté par mon enthousiasme juvénile et que je n'arrêtais pas de lui poser des questions difficiles, il répondait toujours calmement:
- Je ne sais pas - peux-tu me le dire?
Un jour, quand j'en eu assez d'entendre "Je ne sais pas", je le priai de me dire quelque chose, alors, il montra un peu de pitié et dit:
- Eh bien, si tu insistes, je vais te le dire, après que j'aie d'abord demandé à mon amie.
Il bondit et puis se coucha sur le sol, plaça son oreille contre la terre.
- Que fais-tu? Demandai-je.
- Je demande à la terre, dit-il, et avant que je puisse me remettre de ma surprise, il ajouta un peu hésitant:
- Comme Aliocha Karamazov.
Je n'ai jamais insisté à nouveau pour avoir des réponses. Je pense qu'avec lui, je vivais tout la surprise d'un éclair soudain qui donne naissance à une douce pluie qui nourrit la terre...
Cela fait quelque temps maintenant, que Vladimir nous a quittés. Son décès (ainsi que ses dernières volontés et son testament) m'a bouleversé. Maintenant que le sentiment de sa présence, loin de disparaître dans l'oubli, apparaît devant moi de temps en temps, j'ai pensé que je devrais mettre par écrit l'ensemble de ses incidents, images, souvenirs, paroles et expressions, pour esquisser un portrait de sa présence parmi nous... Espérons donc que mon oreille percevra aussi... le silence tumultueux de la terre mère de Vladimir, Karamazov pour moi...
Il est né dans la réserve indienne de Caughnawaga, juste à l'extérieur de Montréal, où il a vécu toute sa vie, jusques au jour de sa mort. Son village compte 5.000 Indiens aujourd'hui. Il a été construit par le gouvernement, à côté de la rivière, et abrite la plus grande partie des Indiens de cette région. Les Indiens, comme seuls vrais autochtones d'Amérique, avec les Esquimaux, jouissent de privilèges et de soins spéciaux, en raison du fait qu'ils ont cédé de vastes zones de leur "mère la terre", comme ils le disent, à leurs frères de race blanche.
Ces privilèges (comme le fait de n'avoir pas besoin d'un passeport tout en bénéficiant de l'Etat-providence) sont parfois interprétés comme une tentative intentionnelle des Blancs pour garder les Indiens sans instruction, ce qui peut-être observé sur une grande échelle. Le pourcentage d'alcoolisme est très élevé. La lutte pour la survie en tant que groupe, est leur souci quotidien, ainsi que la préservation de leurs traditions, dont ils sont très fiers. Ils sont régis d'une manière unique, qui aurait beaucoup à apprendre à la politique "civilisée" et aux structures sociales.
L'autorité suprême est la confédération de toutes les tribus indiennes. Il existe un respect envers toutes les tribus indiennes. Il existe un respect envers les chefs et les anciens, et les femmes âgées de chaque tribu, de génération en génération. Leur amour et leur respect pour l'autre est le fondement de la Confédération.
Dans le village de Caughnawaga il y a essentiellement trois tribus indiennes. La plupart sont cependant Mohawks. Le village existe depuis environ 1600 et abrite le centre principal de la tribu des Mohawks. Les dernières générations sont le plus souvent impliquées dans la construction métallique et le bâtiment.
"Notre" village, m'a dit Vladimir, "ainsi que d'autres réserves indiennes a été transformé de façon à former un protectorat catholique romain au 18ème siècle. Les missionnaires catholiques ont effectivement essayé par tous les moyens de convertir par la force notre communauté tout entière. Pas avec l'amour, mais avec un nœud coulant autour du cou. Ils ont foulé aux pieds les traditions séculaires et ils ont utilisé les autres comme autant de tremplins pour leurs propres desseins. Moi-même, à l'âge de 32 ans, j'étais resté sur ce chemin. Comme ma mère avait l'habitude de le dire (c'était un chef tribal des personnes âgées de notre tribu)"Pendant le jour, [sois] catholique romain aux yeux du monde et de nuit, [sois] Indien, pour les yeux de l'âme." Mais à cet âge de 32 ans, Je ne pouvais pas tolérer ce genre de restriction, ce nœud coulant que je portais autour du cou, aussi je me suis révolté à ma façon... J'ai fait des recherches sur nos racines, j'ai appris toutes nos langues maternelles, j'ai étudié dans les universités de l'homme blanc (ce qui, pour un Indien de ma génération, était une chose très inhabituelle). Pendant des années, ils m'ont eu comme maître de conférence itinérante de linguistique comparée. Assez souvent, j'ai été assez malhonnête de jouer au clown à leurs jeux universitaires, car pour eux, j'étais une espèce d'oiseau rare, exotique, avec un autre type de plumage. J'avais l'habitude de comparer nos mots avec leurs équivalents français ou anglais, nos habitudes avec les leurs. Il y avait des fois où je me sentais observé comme des archéologues observent des fossiles. Pour moi, cependant, ces réunions, ces rencontres culturelles quelle qu'en ait été l'issue, étaient à la fois joie et douleur. Ma révolution tonnait encore en moi, parce qu'elle était rendue muette, comme le pas d'un lapin... Ma mère, pilier de notre communauté, a été pour moi une source de sagesse et de douleur immense. Elle était mon ... staretz Zossime indien..."
(Il prit une respiration profonde et constante...)
"Mon chemin vers l'Église orthodoxe a été un cheminement "secret", comme on dit dans notre langue. Il vint un moment, que j'ai été pris dans son filet, et depuis lors, j'ai cheminé très discrètement, portant une croix très lourde. Ce passage s'est fait pour moi par la linguistique. Elle a toujours été le sujet qui m'a le plus impressionné. En prenant des cours de linguistique, j'ai été impressionné, et quand il m'est arrivé de lire la vie des Saints Cyrille and Méthode, qui sont connus comme Apôtres des Slaves, j'ai été particulièrement intrigué par l'alphabet cyrillique et par voie de conséquence, par la langue slavonne. J'ai demandé à mon professeur, s'il n'y avait une chance je puisse entendre parler le slavon. Il a suggéré que je me rende dans l'une des églises russes. J'ai appelé l'une d'elle, mais je n'ai entendu que le répondeur. J'ai téléphoné le lendemain, et une voix amicale m'a informé que les vêpres avaient lieu à 7 heures du soir, et que le le service du dimanche avait lieu à 10 heures du matin. J'ai demandé si je pouvais y assister. Il m'a répondu bien sûr que je pouvais le faire. Je lui ai dit que je n'étais ni russe, ni orthodoxe. Il m'a répondu que la Liturgie orthodoxe n'était pas seulement pour les Russes ou seulement pour les orthodoxes, mais pour tous les peuples. Alors, j'ai pris mon courage et je suis allé un samedi soir pour écouter le slavon parlé et rencontrer le prêtre, qui avait parlé si agréablement. C'était un hiéromoine du Monténégro en Serbie. Son nom était Père Antoine... Il mort maintenant... Eh bien, donc le premier samedi pendant lequel j'ai assisté aux vêpres orthodoxes dans la cathédrale des saints Pierre et Paul, j'ai ressenti quelque chose qui était sans précédent. En regardant les icônes, en écoutant les mélodies, en observant la enclins de pénitence et les prosternations, le parfum de l'encens qui flottait dans l'atmosphère, tout me rappelait que j'avais découvert "la Voie secrète... "
"Vous n'allez pas le croire, mais, de temps en temps, je peux percevoir des parallèles entre les traditions indiennes et la tradition orthodoxe. Quelque part en moi, cette découverte a rempli ma culture indienne et l'a complétée. Au début, je flottais sur les nuages. Au cours de ma première Liturgie, j'ai demandé si je pouvais rester, après les bénédictions pour les catéchumènes... Ils m'ont dit: vous pouvez rester. Alors je me suis assis comme un chien indien! Depuis lors, j'ai commencé à y aller plus fréquemment. Dans un premier temps, le dimanche seulement, puis le samedi, et plus tard, en semaine, quand il y avait des fêtes importantes. Ce n'est que peu de temps plus tard que j'ai remarqué que la confession avait lieu le soir, après les vêpres. C'était la période du Carême. A la fin, ils ont tous demandé pardon au prêtre. Il a placé son étole sur la tête et les a bénis avec le signe de la croix. J'étais dans la file, mais ils ont dit:
-Tu ne peux pas, tu n'es pas orthodoxe. Il s'agit d'un sacrement.
- Mais notre vie entière est un sacrement, ai-je dit.
Je réfléchis encore, et leur demandai:
- Alors, comment puis-je devenir orthodoxe?
- Parles-en avec le prêtre, ont-ils suggéré.
Peu de temps s'était écoulé, lorsque j'ai décidé que je voulais devenir orthodoxe. Le jour où cela devait avoir lieu, il y avait une tempête de neige qui ne me permit pas de quitter le village. Cela fut reporté à la fête de l'Entrée au Temple de la Mère de Dieu. Et voilà comment c'est finalement arrivé... On m'a donné le nom de Vladimir.
Beaucoup plus tard, quand je me souvins de mon entrée dans l'Eglise orthodoxe, je retrouvai dans mes souvenirs la figure imposante d'un prêtre serbe, qui avait visité notre village, quand j'étais jeune. Son apparence et son attitude avaient laissé une impression profonde en moi. Je me souviens de ma mère qui avait fait cette remarque:
-" Maintenant, voilà quelqu'un qui ne fait pas de propagande avec sa vérité..."
Beaucoup de temps s'était écoulé, lorsque je décidai de lui rendre visite à nouveau. Cette fois, j'y suis allé avec deux de mes amis dans une petite voiture. Equipés de magnétophones et de microphones, nous sommes partis par un matin ensoleillé pour son village de Caughnawaga. Il avait suggéré que l'on se rencontre à la station de radio des Indiens car il était animateur à la radio depuis plusieurs années, et il nous avait promis des promenades et des conversations sur leur territoire.
Nous l'avons trouvé à la station de radio du village, avec des écouteurs sur les oreilles, faisant la lecture de la prière du matin dans chaque langue indienne. Puis en français et en anglais. Naturellement son auditoire n'a pas... pu détecter qu'il faisait le signe de croix orthodoxe.
Nous avons attendu avec respect qu'il ait fini... Il a enlevé son casque et s'est approché de nous ... Il était plus bavard que d'habitude, et plein d'entrain.
- Que voudriez-vous que je vous dise? A-t-il demandé chaleureusement. Et que pourriez-vous jamais avoir eu envie d'apprendre de moi?
- Dis-nous ce que tu veux, a répondu Gregory. Disons, par exemple, quelque chose sur ton peuple, tes fêtes, ta mission...
- Tu vas trop vite, interrompit-il. Une chose à la fois. Eh bien, mon peuple ...
Il lui a fallu un certain temps pour formuler sa réponse. Il était assis dans un fauteuil, mais a estimé qu'il n'était pas confortable pour lui... il l'a abandonné et s'est assis sur le porche avec nous... il préférait être sur le même plan que nous...
"Mon peuple est simple, comme sa nourriture. Le chef de la tribu est un homme, mais il est élu par le conseil des femmes agées de la tribu. Tous nos rituels de groupe ont lieu dans la "longue maison". Elle a deux portes. Les hommes entrent par la porte de l'Est et les femmes par celle de l'Ouest. Il s'agit d'un édifice simple, comme le sont la plupart de nos rituels. Lors de nos mariages, la bénédiction des anciens fait partie intégrante du rituel. Au cours de nos funérailles, tant pour les hommes que pour les femmes, lorsqu'ils sont amenés dans la "longue maison" ils entrent par des portes distinctes, mais la tête du défunt fait toujours face à l'Est. Après neuf jours, nous préparons le repas de funérailles, mais sans sel... "
Tout à coup il se leva brusquement, parce que le disque qu'il avait choisi pour être joué à la radio était bloqué. Il a mis un autre disque, a fait une annonce, et il est revenu vers nous...
"De quoi parlait-on? Ah, oui! Les rituels. Je vais vous montrer la longue maison, avant qu'il ne fasse trop sombre... Alors, nos célébrations... L'année entière est une célébration (il éclate de rire). Nous avons la fête de la moitié de l'hiver (qui dure quatre jours), nous avons le Festival de la neige, le festival de la première floraison, de la première récolte, c'est-à-dire des baies, le festival de la moisson abondante (Thanksgiving), le festival du battage (4 jours), le festival du surplus, de la pluie et des semailles, et le cycle recommence... C'est quelque chose comme un calendrier ecclésiastique de notre terre sainte... "
Il prit une autre respiration profonde et continua:
"Nous ne parlons pas beaucoup, et nous ne mangeons pas beaucoup, nous ne vous fâchons pas souvent, nous aimons ce qui nous a été donné et nous remercions en permanence pour les dons généreux..."
- Est-ce que par hasard tu aurais du tabac? M'a-t-il demandé.
- Non, dis-je.
- Vous savez, nous mâchons notre tabac, en d'autres termes, nous le mangeons. Nous ne le fumons pas. Lorsqu'on le fume, il se transforme en air, tandis que si on le mange, il devient un avec nous, et l'on bénit la terre qui nous l'a donné... Maintenant, que m'as-tu demandé d'autre? Ah, oui! A propos de ma mission...
"Que puis-je dire? Mon peuple en a eu assez des missionnaires. Ils viennent ici depuis des années, principalement pour prendre plutôt que pour donner... Ils n'ont jamais montré aucun intérêt à ce que nous avons. Ils ont juste apporté leur rouleau compresseur, ils ont tout aplati, puis ils se sont embarqués pour faire leurs ... semis évangéliques.
Mais ce Serbe était différent. Il a effectivement donné quelque chose par sa présence... Il n'a rien pris de nous, sauf un morceau de notre cœur. C'est ce que j'ai aimé, quand j'ai lu plus tard, l'histoire de saint Germain d'Alaska et des missionnaires orthodoxes parmi les Eskimaux... il est impossible pour l'esprit de ne pas faire de comparaisons... quand bien même il essaierait de toutes ses forces de ne pas le faire.
Je me souviens encore de ce jésuite, qui m'a dit en face qu'on lui avait demandé d'enseigner la spiritualité. Quand il a quitté notre maison, ma mère a secoué la tête en signe de désapprobation, en disant: "Nous, mon enfant sommes un peuple spirituel, tandis que lui, même si son Christ venait à lui lui, il Le ferait s'asseoir pour lui prêcher..."
- Y a-t-il d'autres orthodoxes parmi les Indiens? A demandé à nouveau Gregory.
- J'ai rencontré un Esquimau orthodoxe à Plattsburg et un de plus - un très grand Mis Mac. Il y en a peut-être d'autres, je ne suis pas au courant. Mais à l'hôpital indien nous avons deux médecins serbes, les Moscovitch. Ces gens sont de véritables joyaux, ils ont un amour particulier pour notre monde, et ils offrent toute leur aide. "
Lesley le regarda droit dans les yeux.
- Parle-nous si tu le veux de cette histoire avec les masques indiens *. C'était dans tous les journaux et ils ont tous évoqué ton nom. Qu'est-il arrivé exactement?
Vladimir assis, les jambes croisées, et après avoir pris quelques minutes pour réfléchir, me répondit:
"Pour nous, ces masques sont sacrés. Nous les gardons toujours dans l'obscurité, et nous les protégeons avec un tissu de soie. Ils représentent... le personnage saint que nous recherchons. Nous le trouvons dans le silence, dans l'obscurité, où l'on trouve aussi la lumière de notre âme. Notre âme n'est jamais affichée dans des expositions, ou en éclairage artificiel... Ceux qui ont organisé l'exposition ont perdu tout sens de ce qui est sacré, et c'est pourquoi ils s'efforcent de "doucement" le supprimer de nos âmes aussi... Nous aimons la terre, parce qu'elle sait se taire et être fructueuse. Nous avons appris à l'aimer avec humilité, et à l'honorer... C'est quelque chose comme la Sainte Mère de l'Orthodoxie... puisque vous aimez les analogies. Mais, j' en ai trop dit... Levez-vous à présent, et je vais vous montrer mon village... "
Nous sommes montés dans la petite voiture, et je me suis assis à la place du chauffeur. Vladimir était copilote. Il a commencé à nous montrer tous les points de repère:
«Ici, dans le centre du village, vous pouvez voir l'église catholique. Elle est dédiée à Sainte Kateri Tekekwitha, une femme indienne que le prêtre a proclamé sainte. Nous gardons ses os dans cette église, ils accomplissent des miracles. Il s'agit d'un pèlerinage pour les laïcs. Sa vie est belle comme un conte de fées... Pour moi, c'était une folle-en-Christ... C'était une folle pleine de grâce... Elle se roulait dans la neige pour purifier son cœur... Mes compatriotes du village qui sont devenus catholiques ne sont pas particulièrement friands de la propagande catholique, mais ils montrent révérence à leur sainte, c'est leur pression sur le Vatican qui a amené sa béatification...
A côté de l'église, il y a un petit musée. Là-dedans, vous trouverez une carte de la confédération, qui décrit en détail l'ensemble des tribus indiennes, les symboles, les chiffres, les endroits d'où ils proviennent, leur parcours historique, leurs langues... Tout est devenu une partie du... musée... Maintenant tourne à droite, ici... c'est notre Centre Culturel. Au-dessus, il y a la station de radio où nous nous sommes rencontrés... C'est de là que j'émets... Maintenant, pendant la période du Triode, et ensuite, pendant le Carême, je joue beaucoup de musique spirituelle de l'Occident et, peu à peu, j'inclus certaines parties orthodoxes, mais tout juste assez pour ne pas être provocateur. La musique spirituelle indienne n'est pas autorisée à la radio. Ce n'est que pour la "longue maison". Le centre culturel est soutenu financièrement par le gouvernement blanc. Les puissances extérieures, du monde "civilisé", veulent nous aider, mais uniquement sur le papier, en réalité, ils veulent nous noyer, nous humilier, nous épuiser, pas tellement nous, mais nos âmes et tout ce que nous portons. Ils veulent faire de nous des masques pour les musées, des clowns lors de fêtes, de la recherche pour les archéologues... Ils n'ont pas pris une bouffée de notre tabac, et ils ne se savent quel genre de... tabac nous préférons. "
Il éclata de rire. Je perdis presque le contrôle du volant... je continuai à rouler en suivant ses instructions - gauche-droite - tout droit etc... Jusqu'à ce que, dans un virage de la route, nous ayons vu une structure moderne mais de forme très inhabituelle...
«C'est notre école, école élémentaire et secondaire. Elle a un bon programme, je l'aime. Elle est vraiment indienne. Outre les sujets classiques de l'éducation de "blanc", nous avons beaucoup d'autres matières qui sont probablement inconnues des Blancs. Nous ne les appelons pas "coutumes" ou "culture", mais les manières "Indiennes", "les voies indiennes" (les sons de la terre), les danses indiennes, les chants et les cris indiens (comme un drame antique), la loi indienne, et d'autres choses. Les terrains qui entourent l'école sont sacrés. Nous avons aussi une "chambre noire", mais pas pour les photos... c'est pour la fabrication du... masque à l'intérieur de nous "
- Va maintenant tout droit, vers l'Est. Continue, jusqu'à ce que tu trouves la route. A deux-trois kilomètres d'ici...
"Voici notre hôpital. C'est un bâtiment neuf et c'est une idée nouvelle pour nous. Quelque chose de salutaire, je l'espère. Il a été construit en 1985. Avant cela, nous avions nos propres hommes-médecine, ou nous avions recours à des hôpitaux de l'homme blanc. Mais... ils étaient difficiles... La plupart de leur personnel n'était pas habitué à nos manières, il était difficile pour eux de s'occuper de nos vieux. Ils doivent être à notre place, afin d'essayer de comprendre... Beaucoup d'entre eux essaient de le faire. D'ailleurs, on peut dire qui aime vraiment et qui peut être discerné parmi les professionnels habituels..."
Vladimir Natawe était le chef de sa tribu, il était leur chef spirituel. C'est lui qui récitait les textes à leurs funérailles et à leurs mariages, il était quelque chose comme un prêtre pour eux. Dans la soirée, il restait assis les jambes croisées dans la "longue maison", à l'écoute des problèmes de son peuple, pour les résoudre avec les conseils qu'il offrait. Il avait le rôle d'un juge, ce qui était l'une des traditions les plus puissantes. C'était un poète et un traducteur, mais aussi un philosophe. Il connaissait leurs problèmes mieux que quiconque, il connaissait aussi les lois strictes qui régissaient leurs tribus. Ceux qui reniaient leurs principes ancestraux et devenaient chrétiens étaient autorisés à rester dans le village, mais on ne leur donnait aucune position. Ils devaient quitter le Conseil des sages, des vieillards, ils "perdaient leur destin", comme on l'a décrit à leur manière spéciale, ils étaient désavoués. Tout cela pouvait ne pas être d'une grande signification pour un Indien ordinaire, mais pour un chef...
Personne dans le village n'a jamais su, jusques en ce jour où il est mort, que leur chef était chrétien orthodoxe. Et Vladimir, qui était Frank pour eux, a vécu et travaillé avec eux, pour eux, avec la crainte toujours présente qu'ils pourraient le découvrir. Il a dû être perpétuellement modéré, attentif, flexible, sinon son image aurait été brisée en eux. Il était en charge de la station de radio pendant des années, et il a également travaillé à leur centre culturel. Il était considéré comme une autorité sur les sujets concernant la tradition, et il était incroyablement touché, chaque fois qu'il trouvait des "parallèles", comme il les appelait, dans la tradition orthodoxe. Il partagea beaucoup de ses expériences avec nous, parce qu'il ne pouvait pas les partager avec son propre peuple. Quelle lourde croix à porter...
Chaque fois que je le voyais sortir du sanctuaire de la petite église orthodoxe de la Mère de Dieu, qui avait des offices en anglais et en français, habillé en servant et tenant un cierge devant les prêtres et les évêques, je ne pouvais pas m'empêcher de me demander quel genre de cœur ce vieux loup indien avait en lui, qui lui disait en permanence: "Dieu le sait". Et il se prosternait toujours sur le sol, afin que Dieu lui donne l'illumination de gouverner son peuple à travers les tempêtes et les épreuves, et lui donne la force de tenir la lourde charge qui lui avait été donnée, jusques à la fin.
Les années passèrent. Chaque ami qui nous rendait visite à Montréal devait faire le voyage obligatoire vers ce village indien pour rencontrer Vladimir. Et beaucoup d'entre eux m'ont dit qu'ils avaient mis sur le papier leurs propres expériences là-bas.
Un matin, j'ai reçu un appel téléphonique à Montréal, me disant que Vladimir était décédé dans son village. La question qui surgit dans mon esprit était: qui va l'enterrer, que va-t-il advenir de lui? Il avait toutefois laissé des instructions, écrites et précises pour tous les rituels à faire dans la tradition indienne dans la "longue maison" et pour qu'un prêtre orthodoxe lise des bénédictions sur son corps. Naturellement, les Indiens n'avaient aucune idée de ce qu'il entendait par "un prêtre orthodoxe", mais il avait laissé quelques numéros de téléphone aussi.

Ils ont effectivement téléphoné, et un prêtre orthodoxe est venu réciter le service funèbre avant qu'ils ne portent Vladimir dans la longue maison.
Malheureusement je n'ai pas eu l'occasion d'assister au rituel dans la longue maison, mais un ami commun qui ont assisté à l'enterrement m'a transmis les détails.
Deux jours après les funérailles, ce même ami, Michael, m'a apporté les nouvelles, et un paquet. Il m'a dit qu'il avait assisté à tout le rituel. C'était vraiment impressionnant. Quand ils vont à la longue maison, les Indiens mettent des vêtements qui correspondent à leur rang dans le village. Le rituel, qui était bien sûr dans leurs propres langues, avait une forme particulière, un peu comme l'ancien type byzantin. À la fin, le testament du chef de tribu a été donné en lecture à haute voix, devant toute la tribu. Dans son testament, il a mentionné où il laissait chacun de ses biens. Vladimir avait 75 ans tout au au plus. Il avait des enfants, des petits-enfants et des arrière petits-enfants. Il laissa quelque chose à chacun des membres de sa famille. À un moment, l'indien qui donnait lecture du testament a éprouvé quelques difficultés à lire un nom qui n'était pas indien et, après avoir grimacé un peu, il a mis ses lunettes et a prononcé le nom, d'une manière déformée de la façon suivante: "Ya-nis Ha-dji-ni-ko-la-ou ". Mon ami Michael leva la main et on lui donna le paquet, qu'à son tour il m'a donné.
Quand j'ai ouvert le paquet, j'ai vu ce qui était à l'intérieur: c'était un livre, "La Divine Liturgie", en grec et en anglais, que je lui avais donné il y a de nombreuses années. A l'intérieur, sur la première page, il y avait écrit: "Pour Yanni", et en dessous, en grec: ""Καλή αντάμωση"(A nos retrouvailles!/ Au revoir!)- Vladimir Natawe". J'ai pris cela comme un geste très aimable de sa part, il avait en effet inséré ces mots avant son départ définitif, peut-être parce qu'il avait senti que sa mort était proche. Il avait écrit en grec les mots pour dire "au revoir". Bien entendu, la surprise ne s'arrêtait pas là: il y avait encore autre chose. Lorsque j'ai feuilleté le livre, j'ai été stupéfait, bouche bée... Il avait traduit l'intégralité du texte de la Liturgie en langue mohawk, au-dessus des lignes du texte anglais! Bien sûr, je ne peux pas lire le mohawk, mais je tiens à ce livre comme à un souvenir, cette Liturgie orthodoxe traduite par Vladimir en langue indienne, toute la Liturgie de Saint Jean Chrysostome... Si Dieu m'accorde cet honneur, peut-être que je la publierai une jour...
Des histoires contemporaines comme celle-ci peuvent sembler être comme un conte de fées, parce que notre vie semble également fugitive. Et pourtant, ces histoires sont remplies d'une lumière sans déclin, elles sont les témoignages modernes de cette bienheureuse "folie", de cette levure qui fait lever toute la pâte, de la petite église au sommet d'un îlot de la mer Egée, aux lointaines réserves indiennes du Canada.
Au revoir Vladimir... Karamazov...

Version française: Claude Lopez-Ginisty

Source:


NATIVE AMERICANS MET ORTHODOXY

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Saint Stylianos de Paphlagonie, Asie Mineure

26 Novembre

Choisi par Dieu depuis le sein de sa mère, Saint Stylianos se détacha des illusions de ce monde, distribua ses biens aux pauvres et embrassa la vie monastique. Il s’illustra avec vaillance dans les combats de l’ascèse et, au bout de quelques années de vie commune, partit pour mener la vie solitaire dans une grotte. Il y recevait sa nourriture de la main d’un Ange et devint bientôt intercesseur efficace auprès de Dieu pour le soulagement des malades: en particulier pour la guérison des maladies infantiles et pour la délivrance des femmes restées stériles. C’est dans ces circonstances que la prière du Saint reste toujours efficace pour ceux qui l’invoquent avec foi de nos jours.

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Devenir et rester un Chrétien Orthodoxe

Prêtre Andrew Phillips 

INTRODUCTION

Nous entendons parfois des gens raconter comment ils en sont venus à rejoindre l'Eglise Orthodoxe. Bien que chaque histoire soit intéressante, et parfois même extraordinaire, je pense que les histoires racontant comment des gens sont restés de fidèles Chrétiens Orthodoxes malgré les tentations seront de plus grande utilité. Comme il est écrit dans l'Evangile : "C'est à votre constance que vous devrez votre salut" (Luc 21,19).

De plus, je n'ai pas intitulé cet entretien "Comment entrer dans l'Eglise Orthodoxe" mais "Comment devenir et rester un Chrétien Orthodoxe."

Car rejoindre l'Eglise Orthodoxe ou devenir un membre de l'Eglise Orthodoxe, cela concerne des changements externes, et ce n'est pas la même chose que "devenir un Chrétien Orthodoxe," qui concerne des changements intérieurs. Et rester un Chrétien Orthodoxe est encore plus important, c'est pourquoi j'ai consacré 3 fois plus de temps à cette partie-là qu'à comment devenir Chrétien Orthodoxe.

DEVENIR ORTHODOXE – CONVERSION ET INTÉGRATION

Définissons d'abord nos termes en parlant d'un nombre de mots qui sont utilisés dans ce contexte. Tout d'abord, il y a la phrase nulle "Orthodoxe de naissance." Cela n'existe pas. Personne n'est "né Orthodoxe", nous sommes tous nés païens. C'est pour cela que nous exorcisons d'abord puis baptisons. Plus acceptables sont les termes, "né dans une famille Orthodoxe" et "Orthodoxe depuis le berceau". Il est intéressant de noter que les gens qui utilisent avec condescendance des termes comme "Orthodoxe de naissance" appellent les enfants des "convertis".. des "convertis". En fait, bien sûr, dans leur langage erroné, les enfants de "convertis" sont "Orthodoxes de naissance"!
Ensuite il y a le mot "converti." Lorsque des gens disent qu'ils sont convertis, je leur demande d'abord : "Convertis à quoi?" Au folklore grec? A l'alimentation russe? Au pharisianisme? A la nostalgie d'un Anglicanisme ou d'un Catholicisme-romain démodés? A un passe-temps intellectuel de syncrétisme?

Il est vrai, en un sens, que nous sommes tous, toujours, des convertis, parce que nous avons tous à constamment nous convertir au Christ. C'est le sens du Psaume 50. Le roi-prophète David aussi fut un converti, un "né de nouveau", après son grand péché. Hélas, le mot "converti" n'est en général pas utilisé dans ce sens spirituel mais dans un sens séculier.

J'espère que quand les gens s'appellent eux-mêmes "convertis", ils veulent dire qu'ils sont convertis au Christianisme (qui est le mot correct pour Orthodoxie). J'espère aussi que quand ils disent qu'ils sont "convertis", cela signifie qu'ils ont été très récemment reçus dans l'Eglise. Hélas, je dois admettre que ce n'est pas toujours le cas. Les années passant, j'ai rencontré des gens qui étaient entrés dans l'Eglise Orthodoxe 10, 20, 30 ans auparavant voire plus, et qui étaient encore des "convertis" et même qui s'appelaient eux-mêmes "convertis". Et ceci même dans le cas de certains clercs, prématurément ordonnés.

Ca me dépasse, car cela signifie que même après des années comme membres "de nom" de l'Eglise Orthodoxe, ils ne sont pas encore devenus Chrétiens Orthodoxes, ils n'ont pas encore intégré l'Eglise, ils n'ont pas encore grandit naturellement dans l'Orthodoxie, et il ne mènent toujours pas un genre de vie Orthodoxe, ils n'ont pas encore acquis cet instinct d'Orthodoxie, qui signifie que l'Orthodoxie est leur unique demeure spirituelle, qu'elle est leur os et leur sang, qu'ils respirent l'Orthodoxie parce que leurs âmes sont Orthodoxes. Ils souffrent de l'affliction spirituelle de la "convertitis". Ils sont restés néophytes. Ils n'ont accompli que ce que le diable voulaient qu'ils accomplissent – être incomplets. C'est pourquoi les Russes, faisant un jeu de mot sur le mot russe "konvert", qui signifie une enveloppe, disent plutôt vrai en parlant de certains convertis : "le problème avec le 'konvert', c'est qu'il est soit souvent vide, ou souvent décollé."

Il peut y avoir bien des raisons à cet état de convertitis. Ce peuvent être des gens qui sont rentrés dans l'Eglise Orthodoxe et n'ont pas trouvé de paroisse où aller, au moins avec des Offices dans une langue qu'ils pourraient comprendre. Par exemple, j'ai rencontré des gens qui avaient été Orthodoxes depuis 40 ans mais n'avaient jamais participé à une Vigile Pascale dans leur propre langue! J'ai rencontré des gens qui étaient Orthodoxes depuis 5 ans et n'avaient jamais assisté à la moindre Vigile Pascale, parce que leur communauté Orthodoxe locale n'a que 10 Liturgies par an et uniquement des samedis matin! J'ai rencontré des gens qui étaient Orthodoxes depuis 60 ans et n'avaient jamais été à des Vêpres ou un Office de Vigile! En d'autres mots, de telles personnes n'ont jamais eu l'opportunité d'apprendre et de s'intégrer. Cependant, il y a malheureusement aussi d'autres raisons pour lesquelles des gens ne s'intègrent pas dans la vie de l'Eglise.

LES MOTIFS DE CONVERSION

En principe, le clergé ne devrait recevoir quelqu'un au sein de l'Eglise Orthodoxe que pour des raisons positives. Le fait est qu'il y a des gens qui souhaitent rejoindre l'Eglise Orthodoxe pour des raisons négatives, par exemple par dégoût pour une dénomination ou un membre de son clergé. C'est de la psychologie, pas de la théologie, et en plus, pas très saine, ni très Chrétienne, comme psychologie.

Je me souviens comment dans les années 1970, celui qui est à présent l'évêque Kallistos me raconta comment un groupe de convertis lui avaient demandé d'écrire un livre dénonçant toutes les hérésies de l'Anglicanisme. Les convertis en question, et ils étaient en effet convertis, étaient bien entendu tous des ex-Anglicans! Ils n'avaient pas compris que leur motivation, à tous, provenait de leurs problèmes psychologique personnel, de leur réaction, qu'ils étaient occupés à masquer derrière leur zèle passionné. C'est fort justement que l'évêque Kallistos refusa d'écrire quelque chose de négatif. En tout cas, aucun Orthodoxe n'aurait acheté le bouquin, parce qu'il n'aurait pu être de quelqu'utilité que ce soit pour des néophytes ex-Anglicans. Ce fut un livre en moins à réduire en pâte.

Habituellement, un prêtre sait découvrir si les motivations de ceux qui souhaitent rejoindre l'Eglise Orthodoxe sont négatives rien qu'en attendant de voir si ces gens viennent aux Offices religieux. Habituellement, ces gens super-zélés qui aiment lire à propos de la Foi ou parler de la Foi dans des forum ou ailleurs, sont ces mêmes personnes qui font de l'absentéisme à l'église. Leur zèle se passe tout dans la tête ou dans leurs émotions, pas dans leur coeur et âme, et dès lors pas dans leur vie et leur pratique.

Ensuite, il y a ceux qui ont été attirés à l'Eglise par une découverte durant un voyage. J'appelle ces gens des "Orthodoxes de Vacances." Leur attirance n'est souvent pas vers le Christ, mais vers une culture étrangère et exotique – et au plus exotique, au mieux c'est. Menant une vie très monotone, l'Eglise Orthodoxe leur donne quelque chose pour rêver, habituellement leurs prochaines vacances en Crête ou quelque part du genre. A nouveau, un prêtre sait facilement découvrir si leur intérêt est sérieux en regardant s'ils viennent à l'église. En général, ils ne viennent pas, parce qu'ils ne sont pas en vacances! Hélas, certains d'entre eux ont été reçus dans l'Eglise par des prêtres manquant de discernement, dans leur lieu de villégiature, que ce soit en Roumanie, Russie, Grèce, Chypre, au Mont Athos ou ailleurs.

Ne connaissant rien de la Foi Orthodoxe, ils se présentent sur le pas de votre porte et vous avez à leur expliquer que bien qu'ils soient membres de l'Eglise Orthodoxe, ils ne sont en réalité pas encore devenus Orthodoxes. Souvent, de toute manière, de telles personnes peuvent bien vous téléphoner, mais en général ne viendront jamais à un Office à l'église, parce qu'ils auront cessé de pratiquer avant de s'être préparés à venir à l'église.

Ensuite il y a ces gens qui viennent avec leur propre agenda, souvent des "je-sait-tout", qui ont lu tous les livres existant sous le soleil, mais n'ont pas encore la moindre idée de la lettre A de l'ABC Chrétien. Et ils arrivent avec leurs desiderata qu'ils souhaiteraient imposer! "Oui, je veux rejoindre l'Eglise Orthodoxe, mais à condition qu'elle aie d'abord été 'réformée' et 'modernisée'!" - "Oui, c'est bon ainsi, mais je voudrais qu'on rajoute quelques hymnes occidentaux avant le Canon!", ou "Je ne rejoindrai l'Eglise Orthodoxe que lorsqu'elle célébrera Pâque en même temps que ma tante Suzanne qui est Protestante!", ou "Tout est parfait sauf que vous utilisez beaucoup trop de cierges. Retirez ces cierges et je rejoindrai l'Eglise Orthodoxe." "Je ne deviendrai Orthodoxe que si vous avez une icône de st. François d'Assise!" "Je ne rejoindrai l'Eglise Orthodoxe qu'à condition que tout le monde y vote pour le parti politique XYZ et aille en vacances en Toscane!". Ce sont peut-être des exemples extrêmes, mais ce sont des exemples authentiques. Ce sont tous des exemples de manque d'humilité. Aucun prêtre ne devrait recevoir des gens pareils au sein de l'Eglise pour la simple raison qu'ils n'aiment pas et n'acceptent pas l'Eglise et Son Maître le Christ.

Il n'y a qu'un seul critère pour entrer dans l'Eglise Orthodoxe, et c'est parce que vous êtes convaincus que c'est pour votre Salut personnel, pour votre survie spirituelle, parce que c'est la sainte Volonté de Dieu pour vous, parce que vous savez que c'est votre demeure spirituelle, et que quelqu'en soit le prix, vous ne pourrez jamais être rien d'autre.

COMMENT RESTER ORTHODOXE – L'ATTACHEMENT AUX APPARENCES

Récemment, un prêtre qui avait reçu des gens dans l'Eglise au cours des 20 dernières années me raconta que la liste de gens qu'il avait reçu et qui avaient fait défection était plus longue que celle de ceux qu'il avait reçus et qui avaient persévéré. Ce prêtre est relativement prudent quand il s'agit de recevoir les gens, mais je connais 2 autres paroisses où la liste des défections est au moins 20 fois plus longue que celle des persévérants. Dans les 2 cas, je doit admettre que c'est la politique de la paroisse qui est à remettre en cause. Présentez-vous y et demandez, et vous serez automatiquement reçus dans l'Eglise endéans les 2 semaines, sans la moindre instruction.

Mais pourquoi alors est-ce que des gens abandonnent la pratique de la Foi à laquelle ils ont choisit d'appartenir de leur plein gré? Si nous examinons cette question, peut-être pourrons-nous apprendre quelques leçons qui sont utiles pour nous et qui pourrons nous aider à rester un fidèle Orthodoxe.

Tout d'abord, nous devons nous examiner nous-mêmes. A quoi sommes-nous en fait attachés dans l'Eglise? Il y en a qui disent : "C'était si merveilleux à l'église aujourd'hui! Le chant était si beau, l'encens sentait si bon!" Des paroles pareilles me font penser qu'il est peu probable que cette personne revienne. De telles personnes semblent avoir un feu intérieur qui éclate dans un jaillissement d'enthousiasme et d'émotion. Mais comme tous les feux vifs, ils brûlent vite et ne laissent que des cendres froides. Cet attachement aux apparences et à l'exotisme est dangereux, parce que nous passons à côté de l'essentiel.

L'attachement aux apparences peut s'étendre aux vêtements, langues, nourriture et folklore étrangers. Je me souviens d'une paroisse russe en Belgique, on savait directement qui y étaient les convertis; les hommes portaient des barbes de paysans Russes du 19ème siècle, et les femmes portaient des longues jupes sans élégance et semblaient porter une nappe de table sur la tête. Vous saviez qui étaient les Russes parce qu'ils étaient habillés normalement. Dans une paroisse grecque ici, il y avait 2 prêtres, un Grec et un converti. Vous reconnaissiez directement qui était le convertit parce qu'il portait d'énormes robes à large manches et un énorme chapeau-cheminée sur sa tête. Le Grec ne portait qu'une tunique.

Dans une autre paroisse russe, les Russes parlaient toujours de chanter, de Noël et de Pâques, mais les "convertis" (et c'est bien ce qu'ils étaient) parlaient de "psalmodier" et "La Nativité" et "Pascha." Un vrai Russe, né en Union Soviétique, me raconta un peu cruellement pourquoi il aimait le convertit de sa paroisse "parce qu'il me fait marrer avec tout son folklore." Le zèle non-éclairé est toujours ridicule. Le zèle doit être canalisé afin d'atteindre quelque chose de positif.

J'ai un ami Chypriote Grec, né et élevé à Londres, qui me raconta que son plat préféré était le steak et la tourte aux rognons, et que c'était la première chose qu'il mangeait à Pâques lorsque le jeûne était finit. Je lui ai demandé s'il mangeait parfois dans un restaurant grec. Il répondit : "Oh non, ça c'est juste bon pour les Anglais." Il me raconta aussi comment à Londres, dans les mariages entre Chypriotes, les invités avaient l'habitude d'attacher des billets de banque aux vêtements du nouveau couple, une sorte de cadeau de mariage. Lorsque pour la première fois il vit un mariage à Chypre, alors qu'il avait 25 ans, les gens là-bas ne firent pas cela. Pourquoi? Parce qu'ils avaient cessé de le faire dans les années 1960, considérant cela comme une sorte de coutume paysanne primitive. En d'autres termes, ils avaient cessé de le faire après que la plupart de leurs compatriotes Chypriotes Grecs avaient émigrés à Londres, mais ceux à Londres avaient conservé la vieille coutume des années 1950. Et voilà que les convertis veulent imiter cette coutume morte.

A cet égard, j'ai rencontré récemment un autre "convertit" qui venait de rentrer de vacances en Grèce, et en parlait avec beaucoup d'enthousiasme comme étant une "terre sainte" pleine de "saintes personnes," parce que "les Orthodoxes sont saints". Hé bien, je ne peux que supposer qu'il a dû passer tout son séjour dans d'excellents monastères – en passant, tous les monastères ne sont pas excellents. Je recommanderais à de telles personnes d'aller visiter les prisons grecques. Elles sont pleines d'Orthodoxes – des voleurs, des assassins, des violeurs, des proxénètes, des escrocs Orthodoxes. Vous pouvez le dire, ils sont tous Orthodoxes! Voyez-vous, la nature humaine est la même dans le monde entier.

Ce que je veux dire c'est que si nous nous attachons aux apparences, alors nous devrions d'abord nous demander à nous-mêmes : à quelles apparences sommes-nous donc attachés? Si nous ne faisons pas preuve de discernement, nous pourrons en effet avoir l'air fort bête. Toutes les apparences ne sont naturelles que si elles reflètent ce qui est en nous. Si le Christianisme Orthodoxe est en nous, alors nos apparences seront celles de tout Chrétien Orthodoxe. Nous gagnerions certainement à prendre l'habitude de visiter d'autres paroisses Orthodoxes, des pays où il y a beaucoup d'églises Orthodoxes, observant et analysant notre aspiration à l'authenticité. La pire des choses ce sont ces petites communautés de "convertis", refermées sur elles-mêmes, et qui ne voient jamais rien d'autre. Ils peuvent finir par avoir des pratiques qui n'existent nulle part ailleurs sur terre, et cependant penser être "plus Orthodoxes" que qui que ce soit d'autre! A nouveau, l'humilité est la solution pour guérir cette maladie, et l'humilité commence avec le réalisme, pas avec la fantaisie. Aucune spiritualité n'a jamais été fondée sur de la fantaisie. Sans une sobre humilité, il y a toujours l'illusion, qui est suivie par le découragement et la dépression. C'est la loi spirituelle.

Voir la réalité d'églises Orthodoxes est un excellent remède contre la maladie des fantaisies. Se rappeler que certaines Eglises Orthodoxes sont des Eglises d'Etat, et que bien d'autres ont des mentalités d'Eglise d'Etat. Une expérience qui donne à réfléchir, c'est la rencontre avec un certain nombre de ces diacres, prêtres et évêques qui se vantent de combien "ils gagnent" comme salaire, qui sont "hors service" à partir de 17h et les lundis et jeudis, et qui ne peuvent dès lors pas y célébrer de funérailles, qui disent qu'être dans le clergé c'est un bien meilleur boulot que ce qu'ils auraient autrement dû faire parce qu'ils n'étaient pas trop brillants à l'école et que l'alternative c'était être larbin dans une usine.. Mais c'est la réalité. Le contact avec cette réalité peut être de grand secours pour mettre un terme au zèle non-éclairé, aux ghettos de convertis, à tout ce que j'appelle "l'effet de serre".

Cela ramène les gens les pieds sur terre, et cela leur rappelle que c'est là où il devrait se trouver, car notre religion est la religion de l'Incarnation. Ce que les autres pensent et font, ce ne sont pas nos affaires, notre tâche c'est le salut de notre propre âme.

A cet égard, une des principales raisons pour laquelle certains convertis ne cessent pas d'être des convertis et ne deviennent pas Orthodoxes, c'est parce qu'ils n'ont pas de travail. Le besoin de gagner votre pain quotidien, d'être avec d'autres personnes, est un excellent moyen pour que les gens commencent à vivre leur Foi (au lieu de juste y réfléchir). Ceci peut éviter ce qu'on appelle les tentations de la gauche et de la droite. Les tentations de gauche sont le laxisme, la faiblesse, le compromis, l'indifférence. Les tentations de droite sont : juger sévèrement les autres, le zèle méprisant du Pharisien, "le zèle non-éclairé." Ces tentations sont d'un danger équivalent et doivent être autant combattues les unes que les autres. Toutes amènent à un gaspillage d'une quantité énorme de temps et d'énergie dans des distractions telles que la discussion sur des problèmes sans intérêt genre l'oecuménisme, plutôt que de prier. Vivre dans la société est le moyen qui nous permet d'apprendre à nous connaître nous-mêmes, voir nos défauts et éviter de nous fourvoyer dans des problèmes théoriques.


INTÉRÊT SUPERFICIEL

Certains sont vraiment imbus d'eux-mêmes! Certains sont vraiment pleins de suffisance et se gonflent. D'abord – si vous le leur permettez – ils vont vous détailler l'histoire de leur vie, et ensuite ils vont vous raconter les derniers ragots à propos du prêtre X, de l'évêque Y, et ensuite de la juridiction Z. Et cela quand bien même ils ne connaîtraient pas l'ABC de la Foi d'un enfant. Cependant, le fait est que le Christianisme, et c'est ce dont nous parlons, ce n'est rien de tout cela. Si vous n'avez pas de contact avec la réalité, alors vous n'apprendrez jamais les choses réelles. La vie de l'Eglise n'a rien à voir avec toute cette absurdité. Il n'y a rien de plus ennuyeux que de discuter de la personnalité et des activités d'autrui, clergé ou laïc, sauf bien sûr du péché les concernant, car le péché est toujours ennuyeux, c'est toujours la même chose. Posez la question à quelqu'un qui écoute des confessions.

La vie d'Eglise, c'est : qui va faire le café? Qui va faire la vaisselle? Qui va s'occuper des fleurs? Qui va tondre la pelouse? Qui va préparer et cuire les prosphores? Qui va nettoyer les toilettes? Saint Nectaire accomplissait cette dernière tâche alors qu'il enseignait à Athènes, quand bien même il portait l'imposant titre de "métropolite de Pentapole". Alors comment pourrions-nous nous en plaindre? Après tout, c'est une des premières tâches confiées aux novices dans les monastères.

Bien entendu, ce ne sont pas les principales tâches dans la vie de l'Eglise. Continuons :
La vie d'Eglise, c'est : Qui va apprendre à chanter? Qui va venir à tous les Offices à l'église? Qui va respecter tous les jeûnes de l'Eglise? Qui va lire chaque jour ses prières matinales et vespérales? Qui va se préparer consciencieusement pour la confession et la Communion? Qui va lire tous les jours les lectures prévues de l'Evangile et de l'Epître?

Et en fait, si vous voulez la réalité brute, qui choquera certains "convertis":
La vie d'Eglise c'est aussi : qui paiera les factures?

Oui, la vie d'Eglise, cela concerne l'engagement, la chose qui manque le plus dans notre culture actuelle, tiédasse et médiocre. Etre un Chrétien, et je vous le rappelle, c'est tout ce que le mot "Orthodoxe" signifie, c'est très difficile.
Depuis le Christ, personne n'a jamais dit autre chose. Sans un engagement ferme, nous ne resterons jamais Orthodoxe. Etre Chrétien, c'est aimer Dieu et aimer son prochain. Si nous ne sommes pas préparés à ne fut-ce qu'à l'essayer et le mettre en pratique, alors ça n'ira jamais. Malheureusement, certains pensent qu'être un Chrétien Orthodoxe – je sais, c'est un raisonnement vide, un cercle vicieux – ça ne concerne pas l'amour de Dieu et de son prochain. Ils pensent qu'il s'agit de lire des bouquins, d'avoir des opinions, de condamner autrui, de manger de la nourriture étrange, d'être intolérant, ou de porter des vêtements bizarres. Notre Seigneur n'a jamais rien dit de tout cela. Il a dit : "Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres" (Jean 13,34).

Le fait est que tous les Chrétiens étaient autrefois Chrétiens Orthodoxes, mais la plupart n'ont pas compris et ont chuté.
Le Christianisme Orthodoxe, ce n'est pas être reçu dans l'Eglise Orthodoxe et puis dire : "Ca y est, j'y suis arrivé."

C'est entrer dans l'Arène, c'est se trouver sur la Croix. J'ai souvent entendu des Anglicans dire : "Je sais que l'Orthodoxie, c'est l'authentique, mais je n'y parviendrais jamais." Je suppose que cela a au moins le mérite de l'honnêteté. Je pense toujours à ces paroles de ce saint prêtre, Clément d'Alexandrie, au 3ème siècle : "Si l'homme n'est pas couronné par le martyre, veillez à ce qu'il ne soit pas loin de ceux qui le sont."

La solution, c'est de lire l'Evangile selon saint Jean, d'avoir une règle de prière quotidienne. "Le Royaume des Cieux est pris par la force", dit l'Evangile.

NOSTALGIE

La nostalgie se définit par un attachement au passé. Ce n'est pas Chrétien, quand bien même nous trouverions naturel et humain d'avoir de l'indulgence envers nous-mêmes de temps à autres. Le problème est que cela nous détourne de vivre dans la réalité du temps présent, ce que nous sommes supposés faire.
Certains par exemple vous dirons qu'ils ne peuvent pas rester Orthodoxes parce que cela signifie qu'ils ne pourraient plus faire ce qu'ils avaient l'habitude de faire – aller au bistrot les samedis soirs, ne plus manger de viande les Dimanches durant les jeûnes. D'autres vous diront qu'ils trouvent non-hygiénique le fait d'embrasser des Icônes, des reliques, la main du prêtre (et même prendre la Communion) – ils n'ont jamais eu l'habitude de le faire. On se demande pourquoi de telles personnes se sont données la peine de venir ici.
Oui, je comprend les problèmes des mariages mixtes, les problèmes de régime alimentaire, le problème de rendre visite à des parents qui ne sont pas Orthodoxes, le problème des calendriers. Alors voici deux choses. La première, l'Eglise n'est pas un bâton qui est là pour nous décourager. Mais souvent, les gens se fabriquent leur propre bâton pour se battre eux-mêmes. Si nous rendons visite à un parent durant une période de jeûne et qu'il nous offre de la nourriture non-carémique, l'Eglise ne nous dit pas d'être des bigots auto-satisfaits et de refuser. Elle nous dit d'être humbles. Certains disent : "je ne peux pas manger cela car je suis saint." Oh oui, nous avons tous entendu cela, si pas dans ces termes-là, au moins dans cet esprit. Si l'oncle Alfred de votre épouse est terriblement malade, cloué sur son lit d'hôpital et désespérément seul et que la seule solution pour lui rendre visite, c'est le dimanche matin, alors l'Eglise nous dit d'aller lui rendre visite. C'est mieux que de refuser d'emmener votre épouse parce que vous avez besoin de la voiture pour aller "à mon église" et puis avoir une querelle familiale. Le bon sens commun et le discernement dans nos choix sont essentiels.
En ce qui concerne les mariages mixtes, le discernement est vital. J'ai vu des "convertis" Orthodoxes harceler et harceler leur conjoint pour devenir membre de l'Eglise Orthodoxe. Le résultat est toujours négatif. D'un autre côté, j'ai vu des gens attendre patiemment, 10, 20 ou 30 ans durant, sans ne fut-ce que mentionner la possibilité d'entrer dans l'Eglise Orthodoxe, et pour finir, l'autre conjoint demandait spontanément à y entrer. C'est l'exemple de patience Chrétienne du conjoint qui avait convertit.
Dans les petites paroisses Anglaises de l'Eglise Orthodoxe, certains des problèmes d'isolement rencontrés par beaucoup qui se joignent à l'Eglise Orthodoxe ont été résolus, au moins en partie. Si vous allez dans ce que j'appelle des "paroisses d'Eglise d'Etat", vous ne trouverez pas souvent du café ou du thé après l'Office, ou quelqu'un avec qui parler. Inversement, la plupart des paroisses anglaises ont une salle paroissiale. Là, après la Liturgie ou un Office de semaine, les Orthodoxes isolés, de quelqu'origine que ce soit, peuvent se rencontrer. Une personne venue chez nous, provenant d'Europe Orientale, voyant cela, dit : "Ici, c'est comme dans l'Eglise Ancienne". Bien sûr, elle ne voulait pas dire que nous étions "saints" ou quelque chose du genre, mais elle voulait dire que dans notre communauté, nous étions proches, nous nous connaissions les uns les autres.
Et ceci ne veut en rien dire qu'ici c'est "mieux" qu'en Europe Orientale; c'est simplement que nous avons à former une communauté, avec une salle paroissiale, avec café et thé, parce que sinon nous ne pouvons pas survivre en tant que petit groupe minoritaire confessant des valeurs spirituelles dans le grand désert spirituel de la Grande-Bretagne moderne [- ou quelqu'autre pays d'Occident; note du traducteur]. C'est notre survie, c'est notre famille et communauté de substitution dans la société actuelle, fragmentée, individualiste, consumériste et sans vie relationnelle. Ce n'est pas nécessaire dans certaines parties de l'Europe Orientale, parce que tout le monde y est Orthodoxe, donc la communauté Orthodoxe est tout autour de vous. Mais ici ce n'est plus le cas.

CONFESSION

A présent, j'aborderai un problème très particulier qui concerne spécialement l'Anglais contemporain, et en particulier, le caractère Anglican. La culture Protestante ambiante en Grande-Bretagne pour au moins les 6 dernières générations a rendu les gens très "coincés" et réservés, ce qui est en réalité une forme d'orgueil. Pour nombreux Anglais, il est très difficile d'aborder la Confession, un important Sacrement dans l'Eglise Orthodoxe. C'est pourquoi dans des cultures Protestantes un peu moins coincées, comme dans ces Etats-Unis imprégnés de culture de l'introspection, bien que les gens n'aillent pas se confesser, ils vont chez leur psychothérapeute. Là, ils peuvent tout dire, et puisqu'ils paient, ils peuvent s'y entendre dire qu'ils sont des gens bien comme il faut. La confession est différente de cela. C'est une question délicate, et je pense qu'il est bon de parler de vos réserves avec un prêtre en dehors de la confession avant même d'aller en confession. Apprenez d'abord à vous connaître mutuellement. Voici un certain nombre de choses à comprendre:
Premièrement, aucune confession n'est faite à un prêtre. C'est à Dieu, en présence d'un prêtre, qui est supposé essayer de donner quelques conseils judicieux.
La plupart des prêtres n'auront aucune objection à ce que vous vous confessiez auprès d'un autre prêtre, hors de votre propre paroisse. Certains se réjouiront même que vous le fassiez! Trouvez le bon confesseur, qui vous convienne. S'il vit fort loin, donnez-lui votre confession par téléphone, courrier électronique ou lettre. Il vous répondra et ensuite vous irez chercher l'absolution auprès de votre prêtre local qui est au courant de cet arrangement. C'est la solution utilisée par les épouses et enfants des prêtres. Elle pourrait l'être par vous.
Pour finir, comme je l'ai déjà dit, il n'y a rien de plus ennuyeux que le péché. Je suis toujours surpris lorsque des gens viennent en confession et s'attendent à ce que je me souvienne de leur dernière confession. J'oublie toujours les choses ennuyeuses. Un des meilleurs pères confesseurs que j'aie jamais rencontré était presque totalement sourd. Après avoir dit ma partie, dont il n'avait quasiment rien entendu, il me donnait quelques uns des meilleurs conseils que je n'aie jamais reçus.

PERSONNALITÉS

Il est inévitable que vous ne vous entendrez pas toujours avec tout le monde dans votre paroisse. Ainsi en est-il de la nature humaine. Mais ce n'est pas une raison pour vous en aller, claquant la porte, et ne restant pas Orthodoxe. Peut-être passez-vous trop de temps à l'église en dehors des Offices? Oui, nous prenons une tasse de café ou de thé après l'Office, mais vous n'êtes pas obligé de rester. Certains des meilleurs Orthodoxes ne restent pas! Peut-être que vos relations sont-elles trop proches avec les autres paroissiens? Est-ce que ces personnes-là ne sont pas dans la même situation? Si vous n'avez pas de centres d'intérêt communs, autres qu'avoir une Foi commune, pourquoi passer tant de temps avec eux? Passer trop de temps avec des gens avec qui vous avez si peu en commun en termes de caractère et de goûts est une bonne recette pour les conflits. Après tout, vous n'êtes pas marié avec eux.
Et il en est de même concernant votre relation avec le prêtre. Vous pouvez avoir quelque chose en commun en matière de personnalité. Mais peut-être pas. Peut-être ne le trouverez vous "pas assez monastique" ou peut-être le trouverez-vous trop "libéral" [laxiste, moderniste, ndt], ou peut-être tout simplement profondément ennuyeux. Bon, d'accord, mais aller à l'église n'a rien à voir avec une étroite amitié avec le prêtre et acheter les mêmes céréales pour petit-déjeuner que lui. Franchement, si vous savez ce qu'il mange au petit-déjeuner, alors vous le connaissez un peu trop bien.
Un autre domaine de conflits dans la vie paroissiale ce sont les assemblées et conseils paroissiaux. Dans la plupart des paroisses Orthodoxes, ils ont lieu une fois par an, après la Liturgie dominicale, durant le Grand Carême. Et cependant, j'ai entendu de certains groupes de convertis qu'ils se réunissent sans cesse, une fois par mois voire plus, discutant toujours des mêmes vieux trucs. C'est quelque chose qui vient de l'Anglicanisme, pas d'une pratique Orthodoxe. Franchement, cette sorte de vie est "presqu'incestueuse", beaucoup trop de proximité pour être à l'aise. La discussion de détails pointilleux n'est pas seulement ennuyeuse, mais c'est aussi une perte de temps. Pire encore, certains s'y impliquent de manière passionnée et s'attachent aux détails. Je me souviendrai toujours d'une personne, professeur d'Université, dans une réunion paroissiale il y a quelque 25 ans d'ici, qui déclara que si on repeignait le plafond de l'église en bleu, il n'y remettrait plus jamais les pieds.
En fait, il ne l'a pas fait. Il est mort peu après.

CONCLUSIONS

Que retiendrez-vous de cet exposé? J'espère les points suivants :
Nous rentrons dans l'Eglise et nous restons dans l'Eglise afin de sauver nos âmes, et rien d'autre. L'Eglise n'est pas un loisir, un jeu, un intérêt privé, un prétexte, ou même une communauté. C'est le Salut de nos âmes. Nous y réussissons en étant d'abord nous-mêmes et ensuite en étant le meilleur de nous-mêmes. S'il y a quoique ce soit d'autre, tout cela est secondaire. Nous ne devons jamais perdre cela de vue. Si nous le faisons, alors nous nous trompons et nous sommes sur la voie pour quitter l'Eglise.
Afin de sauver nos âmes, nous devons d'abord nous connaître nous-mêmes, recherchant et découvrant nos propres fautes, péchés et défauts. Ensuite, nous devons les prendre à bras le corps et les combattre, mais progressivement et en douceur, et commencer à les dompter, et ne jamais laisser tomber ce combat. Nous saurons que nous ne sommes pas occupés à cela à chaque fois que nous commencerons à nous occuper des fautes des autres. Si notre fierté personnelle est blessée au cours de la vie ecclésiale, Dieu merci. C'est pour ça que nous y sommes, pour devenir humble.

Je vous remercie pour votre attention.

Prêtre Andrew Phillips

Source:



ST MATERNE

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Cornelia Rees et l’ Archimandrite Gabriel Bunce: Nous devons retourner à nos racines!

Il y a une quinzaine d’années, j’ai eu une occasion unique de visiter l’ermitage d’un hiéromoine et théologien catholique dans les montagnes de Suisse. Il était bien connu pour ses écrits sur les saints Pères de l’Église chrétienne, et non moins bien connu (du point de vue occidental moderne), pour son mode de vie monastique inhabituel. Quelque peu familière de l’apparence que les monastères catholiques présentent généralement aujourd’hui, je ne m’attendais pas à me sentir tellement à l’aise comme moniale orthodoxe dans son ermitage catholique.

Après avoir gravi un chemin boisé de montagne jusqu’à une petite maison dans les arbres, nous avons été accueillis par un homme âgé austère, sa barbe grise flottant sur sa soutane noire. Sa tête était couverte d’un capuchon portant une croix rouge brodée sur le front. C’était comme si nous avions été transportés dans le désert égyptien, pour voir Saint Antoine le Grand. Tandis que lui et son compagnon d’ascèse Père Raphaël nous offraient le thé, nous avons parlé de l’Église d’Orient et d’Occident, et de l’Église orthodoxe russe. Mais il n’était pas question pour eux de rejoindre cette Église, cela aurait même créé un malaise d’en parler.

Nous sentions que nous étions entrés brièvement en contact avec un moine qui était un avec nous en esprit, bien qu’il ne fût pas dans notre Eglise, et nous nous sommes quittés avec la joie de cette agréable révélation, alors que Père Gabriel faisait le signe de la Croix sur nous à la manière orthodoxe.

Père Gabriel n’a jamais eu et n’a toujours pas de communication électronique avec le monde extérieur, et nous avons très peu entendu parler de lui ou eu contact avec lui après notre visite. Néanmoins, nous ne l’avons pas oublié, et dans l’intervalle, nous n’avons jamais cessé de penser à quel point ce serait bien, s’il était en communion avec nous, les orthodoxes. Mais jamais nous n’aurions essayé d’aborder ce sujet avec lui, nous sentions en quelque sorte que Dieu le guidait comme Il l’entendait.

Père Raphaël, un suisse, est décédé depuis, et Père. Gabriel est l’higoumène et le seul moine de ce qui est maintenant le monastère de la Sainte Croix, qui fait partie de l’Eglise orthodoxe russe. Il a été baptisé orthodoxe à la veille de la Dormition de la Mère de Dieu à Moscou, en août 2010. Il est maintenant l’Archimandrite mégaloschème Gabriel. Récemment à Moscou malgré un calendrier très exigeant, Père Gabriel a quand même pris le temps de parler avec nous.

***

-Père Gabriel, bien que vous ayez parlé de votre vie dans d’autres interviews, parlez-nous encore un peu de vous.

-Je vis à Roveredo, petit village d’environ 100 habitants. Mon monastère est au-dessus du village dans les bois, dans les montagnes de la région de Lugano, la partie italienne de la Suisse.

-Vous aviez été catholique depuis l’enfance?

-Oui, mais pas un catholique pratiquant toute ma vie. Mon père était luthérien, et ma mère catholique, et j’ai été baptisé catholique. Mais comme cela arrive souvent dans ces cas, aucun de mes parents ne pratiquait sa religion. Ni mon père ni ma mère n’allaient à l’église. Et moi non plus. Mais comme les jeunes gens agissent toujours à leur guise, j’ai redécouvert la foi de mon baptême. Au début, je suis allé à l’Eglise catholique, par moi-même. Mes parents ne m’ont pas encouragé, ils le toléraient seulement.

-Même votre mère?

-Elle était catholique croyante, mais en raison de son mariage avec un luthérien, elle perdit la pratique. Ce n’est que beaucoup plus tard, quand j’étais déjà moine, qu’elle est retournée à l’église et a commencé à pratiquer sa foi catholique. Mon père allait à contrecœur avec elle, au moins à Pâques ou Noël, parce qu’il ne voulait pas passer les vacances seul.

-Où êtes-vous né?

-Je suis né à Cologne, mais nous sommes partis de cette ville en raison de la guerre quand j’étais âgé de deux ans. Cette ville, vieille de près de 2000 ans, a été presque rasée. C’était comme Hiroshima. Environ quatre-vingts pour cent a été détruit, et les Américains ont même suggéré qu’elle soit reconstruite ailleurs: il semblait inutile d’essayer de reconstruire sur ces cendres. Mais les gens étaient très attachés à leur ville; la grande cathédrale était encore debout, bien que fortement endommagée. Les douze églises romanes [1] étaient terriblement endommagées aussi. Pendant dix ans, nous n’avons pas vécu à Cologne, mais dans une petite ville à la campagne. C’est seulement en 1953 qu’il fut possible pour nous de revenir. Donc, j’ai passé ma jeunesse à Cologne, et j’y suis allé au collège. J’aime toujours beaucoup cette ville.

La cathédrale gothique, merveille de l’architecture gothique, a été construite sur le lieu où toutes les cathédrales l’avaient été depuis les temps des premiers chrétiens. L’un des premiers évêques de Cologne était un proche collaborateur de l’empereur Constantin. Sous la tour nord est un baptistère du IVe siècle. Il y a une église Saint-Géréon à Cologne, où l’octogone est jusqu’à cinq ou six mètres. Il s’agit d’une église romane, du quatrième siècle, et elle a des reliques des martyrs romains. Il y a tellement de traces nombreuses de l’Église indivise, des débuts du christianisme, et par ces faits archéologiques même, j’ai été « poussé » à creuser plus profondément dans les fondements de l’Eglise. Je suis historien de formation, numismate.

-Est-ce que ces souvenirs vous font sentir le désir de « reconstituer » l’Europe avec l’Eglise du christianisme primitif?

-Bien sûr, je ne connaissais pas l’Eglise orthodoxe pendant longtemps. Je n’ai découvert l’existence de l’Orthodoxie que petit à petit. Certains de mes amis orthodoxes d’aujourd’hui m’ont dit que les catholiques savent que nous « existons », et rien de plus. Des gens simples demandent même: « Vous vénérez aussi la Mère de Dieu? »
Ceci arrive même cinquante ans après Vatican II, qui semblait « ouvrir les fenêtres » de ce qui était l’Église catholique très fermée, et leur connaissance de l’Orthodoxie est toujours très pauvre. Je devais découvrir ceci petit à petit pour moi. Je ne connaissais aucune communauté orthodoxe; il n’y avait pas d’églises orthodoxes dans les villes, parce que les Russes, au moins, célébraient dans les églises protestantes qui leur étaient données pour quelques heures le dimanche, comme c’est souvent le cas encore aujourd’hui. A Lugano, les orthodoxes russes ont acheté une petite église protestante qui était vide et inutilisée. Toutes les autres communautés orthodoxes, comme les Roumains, célèbrent dans les églises catholiques qui leur sont données pour qu’ils les utilisent. Mais maintenant, nous avons une petite église, qui doit être payée. Elle est progressivement transformée en église orthodoxe, avec une iconostase et tout le reste.
Donc, j’ai dû découvrir l’Orthodoxie petit à petit. Quand j’avais environ dix-neuf ans, après le lycée, je suis allé avec un ami à Rome, et là j’ai découvert la période chrétienne primitive: les catacombes, les vieilles églises, celles fondées par les saints Constantin et Hélène, et ainsi de suite. C’était très impressionnant. Je dois avouer que cela a renforcé ma conscience de moi-même en tant que catholique. Rome est terre apostolique : là est le tombeau de saint Pierre, là de saint Paul, Sainte Marie Majeure, Sainte Croix, Saint Jean de Latran… toutes ces églises paléochrétiennes, cette continuité archéologique incroyable. Mais c’est beaucoup plus tard que j’ai découvert que bien qu’il y ait une continuité au niveau de l’architecture, il n’y avait pas de continuité au niveau de l’Eglise apostolique, de la fondation.

Je n’ai découvert que plus tard que Sainte Marie Majeure et les autres églises ont toujours été les mêmes, mais cette continuité n’existe pas à d’autres niveaux, les niveaux les plus essentiels. Il en va de même avec les anglicans. Ils ont la cathédrale de Saint-Augustin à Canterbury sur un seul niveau, mais sur le plan théologique, il n’y a pas de continuité, il y a une cassure. Cependant, à l’époque, j’étais trop jeune pour être conscient qu’il y a tant de cassures et d’interruptions dans l’histoire de l’Église d’Occident. Je devais le découvrir par moi-même, progressivement.
Les gens me demandent souvent pourquoi je suis devenu orthodoxe, et s’il y a eu un moment crucial ou un événement dans cette évolution. Il y eut un moment crucial, et bien que je l’aie déjà dit, je le répète. Je devais le découvrir, d’abord sur le plan littéraire, à travers les livres, la musique, etc. Il en est de même pour le monachisme, j’ai eu à découvrir son esprit à travers les écrits des Pères du désert.
Mais j’ai découvert l’Orthodoxie réelle, vivante, à l’âge de vingt et un ans, quand j’étais en Grèce. J’étais étudiant, pas encore moine. Je ne pouvais pas encore entrer au monastère parce que mon père ne le permettait pas. J’étais trop jeune. Je remercie le ciel qu’il ne l’ait pas permis, car de cette manière j’ai eu l’occasion de visiter la Grèce avec d’autres étudiants, et d’y découvrir l’Orthodoxie vivante. J’ai vu de saints monastères, et j’ai même rencontré un saint moine. Je suis allé à la Liturgie.
C’était avant Vatican II. Les Grecs étaient extrêmement gentils et amicaux avec moi en tant que catholique. Aujourd’hui, ce serait sans doute différent, parce que les catholiques ont complètement changé envers les orthodoxes.

-Pour le meilleur ou pour le pire?

-Du pire au meilleur. Mais maintenant, les orthodoxes gardent leurs distances parce qu’ils se sentent envahis. J’ai visité les séminaires et les monastères en Grèce, et une fois, j’ai dit aux moines et aux étudiants, « Tout va bien ici, et j’aime bien, mais… il est dommage que vous soyez séparés de nous. » La réponse immédiate a été, « vous avez tort, c’est vous qui vous êtes séparés de nous, » et j’ai donc été confronté pour la première fois (je n’avais que vingt et un ans) à ce problème fondamental de la séparation qui est vue d’une manière différente en Orient et en Occident.
Qui a raison? A vingt et un ans, je n’avais pas les moyens de vérifier la réponse. Seulement peu à peu, je les ai obtenus, et ainsi j’ai découvert que, en fait, c’est l’Occident qui s’est séparé du socle commun. Il est la continuité archéologique, dans les célèbres églises de l’époque de Constantin et Hélène, par exemple, mais au niveau de la théologie essentielle, de la Liturgie, et de tout le reste, il n’y a pas de continuité. Mon petit livre, Vases d’argile, [2] parle un peu de l’aspect qui est très essentiel: à savoir qu’il y eut une interruption.

-Vous avez mentionné que vous avez lu le livre de l’historien allemand Johannes Haller [3] sur l’histoire de l’Eglise jusque dans les années 1500, ainsi que d’autres livres sur la papauté, comme celui de l’abbé Guettée. [4]

-Oui, en fait je suis en train de lire le livre de Haller maintenant. C’est purement un livre d’histoire, tandis que le livre de Guettée est polémique. Vous voyez, Haller était impartial, très calme, et il avait un accès gratuit à la bibliothèque du Vatican. Il s’agit d’un livre d’histoire objective, à l’esprit très calme, mais il est très puissant. Les faits sont accablants.

-Vous avez dit que vous êtes heureux de lire sur l’histoire de l’Église maintenant, et de ne pas l’avoir fait avant, car cela aurait pu causer la perte de votre foi. Pourriez-vous nous en dire plus? Vous pensez que vous aviez besoin d’être plus fort afin de faire face aux faits. Est-ce exact?

-Je pense que la foi chez les jeunes gens doit être préservée et protégée. Lorsque vous aurez une base solide, des critères suffisants dans votre esprit, et une foi forte, vous serez en mesure de juger.

-Vous voulez dire une base solide dans la foi chrétienne, et pas nécessairement dans la foi catholique?

-Oui, alors vous pouvez vous confronter à cette masse de faits historiques.

-Parce que vous pensez que ces faits pris en eux-mêmes peuvent être trop dévastateurs ou scandaleux pour les gens?

-Oui, bien sûr. Vous voyez, l’histoire n’est pas la théologie. L’histoire, c’est juste les faits, ce qui s’est passé. Le travail de Haller décrit tous les hauts et les bas… C’est fascinant, mais c’est de la véritable histoire. Cela vous fait vous demander…

-L’histoire, sans rien cacher?

-Oui, sans rien cacher; et la revendication du Pape de la primauté, d’être le chef de l’Église. C’est très étrange. Dès le IVe siècle, le pape Damase affirma que l’Église romaine (pas encore le Pape !) a la primauté sur toutes les autres Églises, à cause de ce que Jésus-Christ a dit à Pierre: « Tu es pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise » (cf. Mt. 16:08). Donc ils (Rome), ont très bien identifié cette pierre avec une institution, avec quelque chose de visible de l’Église romaine. Bien que de très nombreux Pères de l’Église, de l’Orient et de l’Occident, identifient cette pierre, comme saint Ambroise de Milan l’a fait dans l’année 382, avec la foi du peuple. C’est la confession de Jésus-Christ comme Fils du Dieu vivant. Ce n’était pas la foi personnelle de Pierre; il n’était pas meilleur théologien ou meilleur Apôtre que les autres Apôtres. Cela lui a été révélé par le Père. C’est la pierre qui ne peut être détruite.
Pierre prouve peu de temps après qu’il ne comprenait rien de cette confession. Il est appelé « diable ». Le Seigneur dit: « Arrière de moi, Satan » (cf. Mt. 16:23), et ainsi de suite. Non seulement saint Ambroise, mais les pères les plus importants de l’Orient et de l’Occident disent également la même chose. Pour l’Église catholique romaine, il est absolument évident que cette roche est la personne de Pierre. Et Pierre, selon la tradition est mort à Rome, et ce doit donc être l’Église romaine, et son successeur, l’évêque de Rome, qui est cette pierre. Mais Pierre alla en de nombreux endroits. Pourquoi faut-il que cela soit l’endroit où il est mort? Beaucoup de gens pourraient prétendre avoir sa tombe… mais il est mort à Rome, comme l’a fait saint Paul. Mais est-ce une raison suffisante pour que cette ville, qui fut la capitale de l’Empire romain à l’époque, devienne aussi le chef de toutes les Églises? S’il y a une ville qui pourrait prétendre à ce titre, ce serait Jérusalem, la ville où notre Seigneur est mort, et pas Pierre. A Jérusalem, il y a le tombeau de notre Seigneur, et là Il est ressuscité. Le chef de l’Eglise est en tout cas notre Seigneur.

-Cela m’a toujours semblé être un exemple dévastateur de ce qu’on appelle en russe « плотское мудрование »[5]- l’esprit charnel, une manière purement terrestre de penser.

-Oui, et il s’est immédiatement installé. Et ce qui est choquant dans cette histoire de la papauté par Haller, est précisément cet aspect du monde, comment les moyens spirituels, tels que l’excommunication et l’interdit, ont été utilisés en permanence, depuis des centaines d’années, simplement pour des raisons politiques. Et ce qui est encore plus choquant, c’est que les gens n’ont même pas pris la peine de respecter ces interdits. Des pays entiers étaient sous l’interdit; ce qui signifie pas de messe, pas de sacrements, pas de cloches, rien.

-Pourquoi?

-Pourquoi? Parce que le roi ne voulait pas céder à des prétextes territoriaux du pape. Le pape s’est toujours battu pour son propre état, qui est devenu de plus en plus grand, puis de plus en plus petit, et il existe toujours, de même que la fonction dans la Cité du Vatican. Ce fut toujours pour ces raisons politiques, territoriales. Mais la plupart de ces pays, des centaines de rois, d’évêques même, n’y ont tout simplement pas prêté la moindre attention. Ils ont continué à célébrer la messe, à dispenser les sacrements, et ainsi de suite.

-Alors, ils étaient techniquement dans la « désobéissance » au Pape?

-Parfaitement. Pour moi, c’était choquant. Même aujourd’hui, c’est choquant. Il est choquant que ces moyens spirituels soient utilisés pour des raisons politiques, purement matérielles, et que ceux qui ont été touchés par ces interdits ne s’en souciaient pas. Alors, vous pouvez imaginer que cela détruirait progressivement l’Eglise de l’intérieur. Vous comprenez mieux pourquoi le christianisme occidental s’est détruit et continue de se détruire de l’intérieur. Pas de l’extérieur.
C’est horrible, je dois le dire. C’est ce que j’appelle « sécularisation ». Il y a des papes qui se sont battus lors de batailles. C’était une chose ordinaire pour les cardinaux d’avoir des armées, et ainsi de suite. C’est la sécularisation. Cela signifie que l’Église a été la fermeture de son propre horizon sur elle-même pour inclure des intérêts de plus en plus laïques. Les Papes défendaient (c’est compréhensible) leur indépendance vis-à-vis de l’empereur, dont en fait, ils avaient besoin, parce que sans l’empereur, ils n’auraient plus été indépendants des ducs, du roi de Sicile, etc. Vous commencez à comprendre beaucoup de choses.

-Je suppose que vous lisez ce livre en langue allemande originale. Y a-t-il des traductions?

-C’est un classique, mais je ne sais pas, il y a des dizaines de livres de ce genre. Je ne citais ce livre que pour vous dire que, même maintenant, après, je suis toujours intéressé par ces questions, et à lire des livres qu’il m’était interdit de lire pendant mon temps de recherche. Je ne pense pas que cela aurait été très utile pour moi alors de toute façon, parce que j’aurais complètement perdu ma foi.

-Interdit par qui?

-Par mes professeurs de la faculté catholique de l’université. En Allemagne, la théologie est enseignée par l’Etat, et donc j’ai reçu ma formation théologique d’une université d’Etat. Donc, je continue à étudier juste pour approfondir ma compréhension des raisons de la séparation entre l’Orient et l’Occident. Bien sûr, vous pouvez comprendre beaucoup comme cela, mais il y a encore un grand mystère que je suis encore incapable de comprendre: Pourquoi Dieu a-t-Il permis cela?

-Vous pouvez dire que c’était la faute du Pape, mais les fidèles n’avaient pas le choix. C’est ce que je dis à mes amis maintenant. Je dis: « Écoutez, vous ne devriez pas critiquer ou condamner les catholiques. Ils sont tout simplement nés du mauvais côté de la rue. Ce n’est pas leur faute. Ils n’ont pas le choix. Ils n’ont jamais eu d’autre choix. Tout l’Occident appartenait au patriarcat romain, qui est progressivement devenu de plus en plus grand; ils ne faisaient pas partie des autres patriarcats. Dans tous les cas, ils n’en font pas partie aujourd’hui. C’est leur faute, ils sont simplement nés là.

-Ceci, cependant, fait venir à l’esprit une question que je me pose toujours. Je suis moi-même occidentale, une convertie à l’orthodoxie, je n’ai pas de racines orthodoxes en Orient, et donc ma question n’est pas destinée à être antioccidentale. Cependant, pourquoi sommes-nous [occidentaux] apparemment si enclins à la pensée terrestre, laïque dans le domaine de la religion, plus que l’Orient chrétien? Théoriquement, le même processus aurait pu se produire n’importe où.

-En théorie, oui, mais dans la pratique, cela n’est pas arrivé. Je pense que c’est parce que la sécularisation est un processus très long, et son expression la plus claire est le protestantisme, qui est un phénomène catholique interne.

C’est un phénomène interne catholique dans l’Église occidentale, qui a eu lieu après sa séparation de la partie orientale de l’Église. Il ne pouvait pas se développer avant. Je vais vous raconter une expérience vraiment terrible. Je parle de l’histoire, mais peut-être qu’il vaut mieux parler de ma propre « petite histoire » de soixante-trois ans. Je suis entré au monastère à vingt-deux ans, exactement l’année où le Concile Vatican II a été ouvert. Avec mon expérience grecque orthodoxe et ainsi de suite, je suis devenu moine à Chevetogne, [7] et nous étions vraiment plein d’espoir qu’alors l’Église romaine retournerait sur le chemin, et il y avait beaucoup de signes que c’est ainsi que cela se produirait. Paul VI avait un désir très fort et profond de réconciliation avec l’Eglise orthodoxe. Il était l’incarnation de ce Janus (double face) de l’Église d’Occident.

D’un côté, il voulait concélébrer la Liturgie avec le patriarche Athënagoras lors de leur rencontre à Jérusalem, et il apporta un calice d’or pour ce faire. Mais les œcuménistes (Dieu merci !) séparèrent ces deux vieillards, car après un tel acte, cela serait devenu pire que ce que c’était auparavant. Ainsi, ils n’officièrent pas ensemble. Il a proposé de donner le calice au patriarche. Mais il est bien prouvé qu’il voulait, à travers des réformes liturgiques, faire que la messe en latin devienne acceptable pour les protestants, ne pensant pas, ne sachant pas que ce serait dans le même temps devenu totalement inacceptable pour les orthodoxes.

Vous pouvez voir que l’Eglise catholique est entre ces deux positions opposées : orthodoxe d’Orient et protestante d’Occident. Mais l’évolution générale n’est pas allée vers l’Orient, mais vers l’Occident. C’est devenu une lente »autoprotestantisation » de l’Église, une « auto-sécularisation » romaine, avec toute la destruction, à la fois physique et spirituelle, que nous avons vue. Ce fut un véritable désastre historique de dimensions invisibles.

Vous voyez, le protestantisme est un virus catholique de l’intérieur. Et l’Eglise catholique romaine n’a pas d’anticorps contre ce virus. L’anticorps est l’Orthodoxie, qui n’a jamais été, depuis cinq cents ans, tentée par le protestantisme. Même s’il y a un patriarche œcuménique qui a des sympathies pour le calvinisme (comme cela arriva une fois), c’est local. Cela n’a aucune influence sur la conscience orthodoxe. C’est seulement limité, et c’est tout. L’Eglise orthodoxe a eu beaucoup d’occasions d’être infectée par le protestantisme et la laïcité, mais elle n’a pas succombé, uniquement en surface.

-Rhume, plutôt que cancer?

-Oui, un rhume, pas un cancer. C’est vraiment une tragédie de dimension historique. Beaucoup de catholiques sont conscients de cela maintenant, parce qu’ils ne considèrent plus l’Église orthodoxe comme une concurrente ou un adversaire. C’est pourquoi ils l’aident de toutes les manières à établir ses paroisses en Occident. Ils lui donnent leurs églises afin que les orthodoxes puissent servir les liturgies sur des autels catholiques, ce qui aurait été inimaginable avant.

-Soit dit en passant, le printemps dernier, il y avait une délégation de Russie présente à une célébration en Sicile, commémorant l’aide apportée par des soldats russes aux victimes du grand tremblement de terre de Messine en 1908. Les membres du clergé russe présents ont été invités à servir la Liturgie de la congrégation orthodoxe locale dans la Chapelle Palatine de Palerme.

-Ah, c’est bien. Les Russes célèbrent continuellement des Liturgies solennelles dans la cathédrale Saint-Nicolas à Bari. J’y ai vu une Liturgie célébrée par un métropolitain de Russie, environ 20 prêtres, avec un grand chœur. Et j’ai pensé, « C’est la liturgie requise par cette belle cathédrale. Mais quand ce fut fini, la messe en latin a commencé… et on a envie de pleurer. Vous voulez demander: »Que faites-vous ici? »
Dans un sens, c’est quelque chose hors de l’ordinaire, mais cela montre que de nombreux catholiques ne sont plus sûrs qu’ils ont raison.

-Parmi ceux qui sont hésitants, pensez-vous qu’ils pourraient aller dans le sens de l’Orthodoxie, ou pourraient-ils au contraire tout abandonner?

-La seule façon dont je vois ceci arriver, c’est que s’ils se tournent vers leur propre orthodoxie, parce que si Dieu opère un miracle sans précédent qui tourne tout le monde vers l’Orthodoxe byzantine, il y a toute une culture à l’œuvre pour l’empêcher. Ce n’est pas juste une question de textes, ou de formules.

Mais ils doivent retourner à leur propre orthodoxie, à leurs propres traditions. Pendant toutes ces années, quand j’ai écrit mes petits livres, mon but était le suivant: en tant que moine, aider les gens à avoir une vie spirituelle, à redécouvrir, à réintégrer leur propre héritage spirituel, qui est bien sûr le même que le nôtre, parce que nous avons les mêmes racines.

Mais le succès de mon entreprise, au moins parmi les moines, est proche de zéro. Surtout parmi les moines. Les livres sont lus par la plupart des laïcs, et non par des prêtres et des moines. Les moines sont ceux qui pratiquent le yoga, le zen, le reiki, et ainsi de suite. Quand vous dites cela aux moines russes ils sont choqués, ils ne peuvent pas imaginer ce qui se passe. Je ne les juge pas; Dieu merci, c’est notre Seigneur qui jugera le monde et pas moi. Mais cela signifie que les gens ne sont pas à la recherche d’une solution, d’une réponse dans leur propre tradition. Ils sont à la recherche à l’extérieur de celle-ci, dans les religions non chrétiennes.

Pour moi, les moines catholiques qui pratiquent la méditation Zen sont comme les moines zen qui prient le Chemin de Croix. C’est complètement absurde. Dans le bouddhisme, la souffrance a une origine différente; elle est surmontée d’une manière différente de la chrétienté. Il n’y a pas de Sauveur crucifié. Pourquoi devraient-ils méditer sur les Stations de la Croix? Bien sûr, ils ne le font pas.

-Et comment un moine chrétien, qui croit en un Dieu personnel, pourrait-il prier dans l’univers impersonnel du Zen?

-Dans les monastères, ils ont des jardins zen… mais pourriez-vous imaginer le Chemin de Croix dans un monastère Zen? Les moines bouddhistes à genoux devant les stations? C’est inimaginable.

Ils ont comme perdu leur identité propre.

Mais ce qui est si frappant, c’est qu’ils ne cherchent même pas à creuser leur propre terrain, pour trouver leurs propres racines, la source, qui a été comblée par des ordures. Ils semblent convaincus qu’il n’y a rien là, et qu’il n’y a jamais rien eu.

Nous devons donc chercher cette source aussi. Je me souviens très bien de ma jeunesse monastique: il y avait ceux dans le monastère qui estimaient qu’il n’y avait rien, que tout était sec. Puis vint un maître zen, un jésuite (très bien connu, il est mort il y a longtemps), et ce fut une révélation. Au moins, c’était quelque chose de spirituel… Ils n’avaient vu que le formalisme. Grâce à Dieu, j’avais découvert les saints Pères et la littérature monastique primitive avant mon arrivée au monastère. Ce n’était pas le monastère qui m’a enseigné. J’ai continué ma recherche dans le monastère.

-A Chevetogne?

-Oui. J’y suis allé parce que cela semblait plus proche de ce que j’ai découvert en Grèce. Pour dire la vérité, j’ai été envoyé là-bas. J’étais entré dans une abbaye bénédictine en Allemagne. Mon maître des novices, l’abbé, un saint homme, m’aimait beaucoup, et il pouvait voir que je n’étais pas au bon endroit. Il a sacrifié son novice prometteur et il l’a envoyé à Chevetogne, pour voir si cela était plus approprié.

Quand j’ai fait ma profession monastique lui-même est venu me rendre visite. C’était un saint homme. Mon confesseur, moine trappiste, a également été un saint homme. J’ai eu la chance de rencontrer plus d’un saint homme, même en Occident. Ils existent encore.

Je sens que mon propre chemin c’est de prouver, même pour les orthodoxes, qu’il est possible, même dans la tradition occidentale, de redécouvrir un terrain d’entente, et d’en vivre. Vous pouvez le faire, non par vous-même, bien sûr, mais seulement avec la grâce de Dieu. Mais je suis arrivé au point où je ne pouvais plus supporter de n’être qu’en communion spirituelle avec l’Eglise orthodoxe si proche de mon cœur. Je voulais une communion sacramentelle réelle. Par conséquent, je l’ai demandée.

-Croyez-vous que, sur ce chemin où l’on creuse jusqu’aux racines de sa propre tradition occidentale, certains se sentiront obligés inévitablement de passer à l’étape que vous avez franchie?

-C’est difficile à dire, car il ne serait pas techniquement possible pour tout le monde de le faire. En Occident, l’Église orthodoxe n’était pas si bien représentée. Maintenant, c’est en train de changer. J’ai beaucoup d’amis qui suivent le même chemin, ils sont « orthodoxes », mais pas d’une manière confessionnelle. Je ne sais pas s’ils deviendront jamais orthodoxes. Ma propre expérience m’a appris que vous ne trouverez pas toujours de l’aide du côté orthodoxe.

Le prosélytisme n’est pas normalement orthodoxe, et vous ne trouverez parfois même pas de l’aide concrète. J’ai même été découragé. C’était un théologien bien connu (je ne dirai pas qui)… j’étais jeune étudiant, et il m’a littéralement interdit à moi, et à d’autres moines de Chevetogne de devenir orthodoxes. Il a dit, non! Vous ne devez pas devenir orthodoxes! Vous devez souffrir dans votre chair le drame de la séparation. Je l’ai fait, parce que je n’avais pas d’autre moyen.

Je me suis adressé un autre métropolite orthodoxe russe pour avoir de l’aide: il ne m’a pas aidé. Il m’a repoussé. Et c’était la volonté de Dieu. Au bon moment, tout est allé vraiment bien. Vraiment. Comme une lettre à la Poste. Mais avant, cela semblait impossible.

-Je suis sûr que tout se passe selon la volonté et le plan de Dieu, mais pensez-vous que peut-être les orthodoxes devraient fournir davantage d’encouragement à ceux qui sont en recherche? A ceux qui sont en train de creuser profondément, mais qui n’arrivent pas aux racines?

-Ils devraient mieux connaître leur propre foi, et être capables de répondre à des questions. Ils ne devraient pas critiquer tout et tout le monde.

-Comme de nombreux convertis sont enclins à le faire.

-Oui, les convertis sont les juges les plus sévères. Mais, oui, ils devraient être en mesure de répondre à des questions essentielles. Cependant, je parle de ma propre expérience, en Suisse. Je suppose que c’est différent en Amérique, où il y a des centaines d’églises différentes, des dénominations protestantes, et elles sont tous égales, pour ainsi dire. Il existe également, malheureusement, des dizaines d’Eglises orthodoxes.

-Oui, l’Amérique a le problème inverse: trop de choix.

-C’est une source de confusion.

-Malgré cela, il est encore difficile pour certains Américains orthodoxes d’aller de l’avant et de dire: « Ceci est la véritable Église. »

-Néanmoins, c’est plus facile en Amérique parce qu’il n’y a pas d’Église « dominante ». Ce n’est pas comme en Italie, en Espagne ou même en Allemagne, où il y a deux Églises dominantes, la catholique et la protestante. Côte à côte, ou l’une sur l’autre ; en fonction de comment vous le voyez, l’Eglise catholique est une confession dominante. Toute activité orthodoxe serait mal reçue, je suppose, d’autant plus qu’ils dépendent de la bonne volonté de l’Église catholique. Pour obtenir une église, pour célébrer, lorsque vous êtes trop pauvres pour construire votre propre église, vous avez besoin de la bonne volonté des évêques catholiques. Mais je pense que la situation en Amérique est différente.

-Bien sûr, l’Eglise catholique est puissante en Amérique, mais en Amérique du Nord, ils sont entrés initialement dans un milieu protestant, anglo-saxon. Néanmoins, l’Eglise catholique a amené de nombreuses œuvres de bienfaisance, des hôpitaux, des écoles en Amérique, bien que beaucoup de gens oublient cela.

-Oui, mais ils ne devraient pas. Quoi qu’il en soit, je suis contre toute forme de prosélytisme, mais nous avons à répondre à des questions, à dire comment les choses sont, si les gens veulent savoir. Dieu appelle tout le monde en ce, disons, « bon endroit. »

Une dernière question. Les populations locales qui ne sont pas orthodoxes viennent-elles jamais passer dans votre monastère et vous questionner à ce sujet?

La population locale me connaît depuis trente ans, mais la vie monastique qui est mienne fut toujours très spécifique; et parce qu’ils ne connaissent pas les moines, il n’y a pas de moines (il y avait des frères franciscains là-bas, qui ne sont pas des moines), ils se sont toujours demandé quel genre de frères que nous étions.

Nous étions vêtus de noir, nous avions la barbe, nous avions l’habitude de porter des cuculles, et nous semblions assez démodés. Leur propre saint local du Ve siècle était également habillé comme nous, mais ils ne le connaissaient plus. Ils savaient que nous étions très proches de l’Orient chrétien, des saints Pères, et que ce que je dis aujourd’hui n’est pas différent de ce que j’ai toujours dit. C’est une chose que les gens ont remarqué quand je suis devenu orthodoxe.

Une dame, une simple femme au foyer sans formation universitaire, qui savait que nous sommes devenus orthodoxe, a déclaré, « Je veux juste que vous sachiez que vous serez toujours notre Père Gabriel, et vous faites ce que vous nous avez toujours appris à faire : à revenir à nos racines. L’Eglise orthodoxe est juste comme elle était au commencement. »

Donc, une personne simple sans études théologiques peut en comprendre le sens. Ils n’ont pas été choqués. Il n’y avait pas d’opposition contre nous. Il arrive parfois, alors que nous marchons dans les rues, que les gens disent: »Père, je peux vous poser une question? » Je dis, d’accord. « Êtes-vous un moine orthodoxe? » Je dis, oui. « Bravo! »

Ils ne sont plus habitués à voir des moines. Les seuls moines qu’ils voient sont des moines orthodoxes. Les frères franciscains portaient des vêtements profanes, de sorte que si vous ne les connaissiez pas personnellement, vous ne saviez pas qu’ils étaient frères. Mais les moines orthodoxes doivent toujours être identifiés comme tels. Et pour ces gens, ce n’est pas une provocation. Ils se sentent renforcés. Ils disent, très bien! Bravo! Je dois dire que je ne m’attendais pas à cette réaction.

Quand je fus intronisé comme higoumène de mon monastère (un bien grand mot pour une petite réalité), il y avait plusieurs catholiques présents, beaucoup d’entre eux moines bénédictins. Ils ont demandé s’ils pouvaient venir; ils voulaient être là. Ils étaient présents à la Liturgie orthodoxe, et je les ai présentés à l’évêque, qui les reçut aimablement. Cela n’a pas été perçu comme un acte d’hostilité contre eux, ou contre l’Église catholique, mais plutôt comme la conséquence finale de ce que j’avais toujours enseigné.

-Ils pouvaient voir votre intégrité dans ce domaine.

-Beaucoup d’entre eux souhaiteraient même faire la même chose, mais ils sont trop liés au monde dans lequel ils vivent; ou bien leur connaissance de l’Orthodoxie, de la tradition apostolique, est trop pauvre. Donc, nous devons revenir à nos racines.

Source:

http://www.pravoslavie.ru

http://www.pravoslavie.ru65138.htm

ORTHODOX CHRISTIANITY

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Sur l'Eucharistie

Père Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)

L'Eucharistie vous perfectionne; elle ne pardonnera pas vos péchés.

L'homme qui se prépare peut communier souvent, mais il doit se donner un temps pour la repentance d'abord. Car en effet, qui est préparé pour une telle merveille?

Certains négligent le mystère de la confession et l'utilisent comme un prétexte pour communier.

Source:


ORTHODOXOLOGIE

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Avoir un père spirituel


Saint Silouane, moine du Mont-Athos


Un débutant a besoin d’un guide spirituel, parce qu’avant la venue de la grâce du Saint-Esprit, l’âme doit soutenir un grand combat avec les ennemis et ne peut pas encore reconnaître quand c’est l’Ennemi qui lui apporte sa douceur.

Seul peut le discerner celui qui a personnellement goûté à la grâce du Saint-Esprit.

Qui a goûté au Saint-Esprit distingue la grâce à son goût.

Celui qui veut mener une vie de prière sans avoir de guide et pense, dans son orgueil, qu’il peut s’instruire seul dans les livres sans s’adresser à un starets, a déjà à moitié succombé à l’illusion.

Quant à l’homme humble, le Seigneur l’aidera.

S’il ne trouve pas de maître expérimenté, il ira chez son père confesseur, quel qu’il soit, et à cause de son humilité le Seigneur le protégera.

En l’absence de vrais maîtres spirituels, il faut s’abandonner à la volonté de Dieu dans l’humilité ; alors, le Seigneur éclairera par sa grâce.

Source:

http://religion-orthodoxe.eu/article-avoir-un-pere-spirituel-123665146.html

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Préparation pour la Confession

Saint Jean de Kronstadt, Russie (+1908)

Méditation pour ceux qui s’apprêtent à se tenir devant le Créateur et la communauté de l’Église devant le mystère imposant de la sainte confession, à qui est ainsi donné le renouvellement d’un second baptême.

Moi, âme pécheresse, je confesse à Dieu Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, tous les actes mauvais que j’ai faits, dits ou pensés depuis le baptême, jusques à ce jour.

Je n’ai pas gardé les vœux de mon baptême, mais je me suis rendu indésirable devant la Face de Dieu.

J’ai péché devant le Seigneur par manque de foi et par des doutes concernant la foi orthodoxe et la Sainte Eglise, par l’ingratitude pour tous les dons importants et continuels de Dieu ; j’ai péché malgré Sa patience et à Sa providence pour moi, pécheur, par manque d’amour pour le Seigneur, ainsi que par la crainte, par le fait de n’avoir pas accompli les saints commandements de Dieu et les canons et règles de l’Église.

Je n’ai pas gardé l’amour de Dieu et de mon prochain et je n’ai pas fait assez d’efforts, à cause de ma paresse et de ma négligence, pour apprendre les Commandements de Dieu et les préceptes des Saints Pères. J’ai péché en ne priant pas le matin et le soir et au cours de la journée, en n’assistant pas aux offices, ou en ne venant à l’église qu’à contrecœur.

J’ai péché en jugeant les membres du clergé. J’ai péché en ne respectant pas les Fêtes, en rompant le jeûne, et par ma démesure dans l’absorption de nourriture et de boisson.

J’ai péché par orgueil, par désobéissance, par entêtement, par autosatisfaction, et par la recherche de l’approbation et de la louange.

J’ai péché par incrédulité, par manque de foi, par doutes, par désespoir, par découragement, par des pensées de violence, par le blasphème et les jurons.

J’ai péché par fierté, par une haute opinion de moi-même, par le narcissisme, par la vanité, par la suffisance, par l’envie, par l’amour de la louange, l’amour des honneurs et par la prétention.

J’ai péché en jugeant, par la médisance, par la colère, en me souvenant des offenses, par la haine et en rendant le mal pour le mal, par la calomnie, les reproches, le mensonge, la ruse, la tromperie et l’hypocrisie, par les préjugés, la controverse, l’entêtement et la réticence à céder à mon prochain, par jubilation, méchanceté, railleries, insultes et moqueries, par les commérages, en parlant trop et en parlant pour ne rien dire.

J’ai péché par le rire inutile et excessif, par les injures et le retour à mes péchés antérieurs, par un comportement arrogant, par l’insolence et le manque de respect.

J’ai péché en ne tenant pas mes passions physiques et spirituelles en échec, par ma jouissance des pensées impures, par la licence et l’impudicité en pensées, en paroles et en actes.

J’ai péché par manque d’endurance dans mes maladies et mes douleurs, par une dévotion aux commodités de la vie et en étant trop attaché à mes parents, mes enfants, mes parents et mes amis.

J’ai péché par le durcissement mon cœur, par une volonté faible et, en ne me forçant pas à faire le bien.

J’ai péché par avarice, par amour de l’argent, par l’acquisition des choses inutiles et par l’attachement immodéré aux choses.

J’ai péché par l’auto-justification, un mépris pour les avertissements de ma conscience et en ne confessant pas mes péchés par négligence ou par fausse fierté.

J’ai péché à plusieurs reprises par ma confession: en rabaissant, en justifiant et en gardant le silence sur mes péchés.

J’ai péché contre les Très Saints et Vivifiants Mystères du Corps et du Sang de notre Seigneur, en venant à la Sainte Communion sans humilité ou sans crainte de Dieu.

J’ai péché en acte, en parole et en pensée, sciemment ou inconsciemment, volontairement et involontairement, de manière réfléchie et sans réfléchir, et il m’est impossible d’énumérer tous mes péchés à cause de leur multitude. Mais je me repens vraiment de ces péchés et tous ceux que je n’ai pas mentionnés à cause de mon oubli, et je demande qu’ils soient pardonnés en vertu de l’abondance de la Miséricorde de Dieu.

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Pere Ephraïm d’Arizona sur la confession et la responsabilité spirituelle

La confession a donné à mon âme beaucoup de joie, parce que Dieu et les anges, qui l’attendaient, se sont réjouis. Tu as réussi à faire honte au Diable, lui qui se réjouit grandement quand quelqu’un cache ses pensées à son père spirituel.

Quand un serpent sort de sa tanière, il se précipite pour se cacher quelque part parce qu’il sent qu’il sera frappé – la même chose se produit avec une pensée diabolique, qui est comme un serpent venimeux. Quand une telle pensée quitte la bouche d’une personne, elle se disperse et disparaît, parce que la confession est humilité, et puisque Satan ne peut même pas supporter l’odeur de l’humilité, comment pourrait-il rester après une humble confession sincère?

Mon enfant, je te souhaite un bon début et un progrès prudent. N’aie pas honte devant moi. Ne me vois pas comme un homme, mais comme un représentant de Dieu. Dis-moi tout, même si tu as une mauvaise pensée sur moi, parce que je suis expérimenté au sujet des influences démoniaques, et je sais comment le Diable combat homme.

Je sais que les enfants spirituels ont des cœurs simples et que si les mauvaises pensées viennent à eux, cela est dû à la malice du Diable et à l’ego de l’enfant spirituel, qui est autorisé à tomber et à avoir des pensées contre son frère, afin que l’enfant spirituel puisse être plus humble. Par conséquent, ne t’inquiète pas. Je vais toujours me réjouir quand tu me parles librement et sincèrement , car sans confession franche, il n’y aura pas de progrès spirituel.

Mon enfant, n’aie pas de soucis. J’ai pris ton fardeau. Je te prie seulement d’être en paix. Tes paroles peuvent être seulement sur le papier, mais je sens la force, le sens et l’essence de ce que tu écris; J’entre dans l’esprit de tes mots. Je te prie d’être en paix à partir de maintenant. Tu es tout pardonné avec la confession que tu as faite. Satan a perçu ton caractère et te tourmente, mais sans que rien de grave n’ait eu lieu. Tout ce que tu écris (c’est à dire les pensées qui te torturent) est une astuce du Diable pour te faire désespérer, être affligé, et ainsi de suite. Jette tout ce qui t’est arrivé dans les profondeurs de la mer. Trace une nouvelle voie dans ta vie. Si tu continues à penser de la même façon, sache que tu vas devenir la risée des démons. Je te prie, de m’être seulement obéissant.

Après ta confession, tout a été pardonné, alors passe l’éponge. Ne gratte pas une blessure qui t’a fait tant souffrir. Ne sois pas trompé par la pensée que c’est de ta faute. Si vous ne l’avais pas amené chez les médecins, etc, alors ces pensées auraient raison de te combattre. Alors que, les choses étant ce qu’elles sont maintenant, tu as rempli ton devoir. Dieu a voulu le prendre, pour une raison que seule Son infinie sagesse connaît, tandis que tu envisages que tu l’as tué! Sois prudent avec cette pensée, sinon il peut se cacher dans ton cœur. Il s’agit d’une ruse du Diable pour te faire du mal, comme il sait le faire. Ce filou habile a noyé dans les profondeurs de l’enfer des multitudes innombrables par le désespoir. Lorsque quelque chose arrive et que le Diable voit qu’une personne est bouleversée par elle, son astuce consiste à empiler une multitude de pensées soi-disant légitimes afin de mener la pauvre personne dans une grande tempête et la noyer. (Comme dit le proverbe, un renard aime la bagarre). Et quand l’orage passe, elle voit qu’elle était en danger de se noyer dans une cuillère d’eau seulement.

Sois humble, et à partir de maintenant confesse-toi, car la confession contient la très sainte humilité, sans laquelle personne n’est sauvé. Le Diable se réjouit grandement quand il réussit à persuader une personne de cacher des pensées diaboliques. C’est parce qu’il va atteindre son but prémédité de détruire l’âme.

Je t’ai écrit au sujet de la conscience, de devoir veiller à ne pas faire quelque chose qui va donner lieu à des reproches et nous condamner. Garde à l’esprit que Dieu Qui voit tout et que rien n’est caché à Ses yeux. Alors, comment pourrais-je dire des mensonges devant Dieu? Ne sais-tu pas que les mensonges viennent du Diable, et que, en n’étant pas prudent, ils deviennent une pratique, une habitude, puis une passion, et ne sais-tu pas que les menteurs n’hériteront pas le Royaume de Dieu? (cf. Ap 21, 8). Crains Dieu. Dieu n’est pas content des offrandes matérielles quand nous négligeons de veiller sur notre cœur intérieur. Mais il est nécessaire de faire celles-ci [les offrande] également sans négliger de faire les autres. (cf. Mt 23:23). Veille sur ta conscience, car nous ne savons pas l’heure de notre mort. Et si nous ne remboursons pas à notre créancier (c’est-à-dire à notre conscience) tout ce que nous lui devons, elle nous accusera avec véhémence, et sans retenue. Alors -hélas!- notre bouche sera réduite au silence, n’ayant pas de réponse à donner.

Chaque nuit, examine la façon dont tu as passé la journée, et à l’examen du matin comment la nuit s’est passée, de sorte que tu saches où en sont les comptes de ton âme. Si tu constates une perte, essaie de la retrouver par la prudence et la vigueur. Si tu constates un bénéfice, glorifie Dieu, ton aide invisible. Ne laisse pas ta conscience te poindre pour longtemps, mais donne-lui rapidement ce qu’elle veut, de peur qu’elle ne t’amènes au juge et à la prison (cf. Mt. 5:25). Est-ce que ta conscience veut que tu t’occupes de ta règle de prière et retrouve la prière? Donne-lui ces choses, et voici, tu es délivrer de l’obligation d’aller devant le juge. N’affaiblis pas la voix salvatrice de ta conscience en l’ignorant, parce que plus tard, tu le regretteras en vain.

Pere Ephraïm d’Arizona

Source:



La Prière de Jésus

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La confession vivifiante

par 

l'Archimandrite Séraphim Alexiev



Tous les chrétiens sans exception doivent se repentir s’ils désirent être sauvés. Mais comment une Confession vraiment sincère doit-elle se dérouler ? Beaucoup ne savent pas cela. Voilà pourquoi il est nécessaire de discuter plus profondément la question. Nous examinons ici les trois parties de la Confession :

Que doit-on faire avant la Confession ?

Que devons-nous faire quand nous sommes avec le confesseur ?

Que devons-nous faire quand nous quittons la Confession ?

QUE FAIRE AVANT LA CONFESSION ?

Le premier et les dernier Apôtre du Christ ont gravement péché. Pierre a renié le Christ, Judas l’a trahi. Mais Pierre a été pardonné et Judas a péri. Pierre a retrouvé la dignité apostolique tandis que la condamnation du temps pèse toujours sur Judas. Qu’est-ce qui a sauvé Pierre et qu’est-ce qui a détruit Judas ? Qu’aurait dû faire le renégat ? Confesser son péché après l’avoir commis ? Techniquement parlant, il s’est confessé au moment où il s’est rendu chez les scribes et les Anciens en leur disant : "J’ai péché en livrant un innocent à la mort." Et Judas leur jeta les trente pièces d’argent dans le temple. N’est-ce pas suffisant ? Hélas non ! Une confession des péchés (ou aveu) ne sauve pas. Un cœur brisé et humilié doit être arrimé à une foi vivante en la grâce de Dieu. Judas a désespéré de son salut, voilà pourquoi il s’est pendu après sa confession. Son corps pendit à un arbre et son âme fut livrée aux tourments éternels.

Pierre n’a pas agi de même. Dans la cour, chez Caïphe, il a renié trois le Christ, son Maître et Bienfaiteur : "Je ne connais pas cet homme" (Mt. 26 :74). Toutefois, au troisième reniement, quand il a entendu le coq chanter, il s’est rappelé la prophétie du Christ, il a pris conscience de son péché et il a humilié son cœur. Il est sorti du jardin, il a quitté la compagnie des serviteurs du Grand Prêtre et, ce qui est plus important, il a versé abondamment des larmes d’amertume, des larmes sincères, authentiques, exprimant ainsi un profond repentir. Selon la Tradition, tout au long de sa vie, chaque qu’il entendait le chant du coq, Pierre se rappelait la gravité de son péché et ses yeux pleuraient telle une fontaine abondante. Pierre n’a pas désespéré, il a cru en la miséricorde divine et il a été sauvé.
Pierre nous donne une leçon de vie : se tourner à nouveau vers Dieu après avoir succombé au péché. C’est la foi en la miséricorde divine qui écarte le désespoir. Dieu est amour. Aussi grave que soit notre péché, Il le pardonne pourvu que nous nous repentions de tout notre cœur. Même si nos péchés atteignent les cimes montagneuses, ils sont engloutis dans l’océan de la miséricorde divine. Toutefois, si l’homme désespère, il est perdu. Le désespoir est l’œuvre et le triomphe du démon dans le cœur de l’homme. Prémunissons-nous en car, si nous y sombrons, personne ne pourra nous sauver.

Imitons le Saint Apôtre Pierre sous un autre aspect. Lorsqu’il a pris conscience de son péché, il a quitté immédiatement la cour damnée du Grand-Prêtre où il avait renié le Christ. Et toi, frère ou sœur, si tu désires te confesser et retourner à Dieu, quitte les lieux maudits du péché où tu es demeuré jusqu’à présent et où tu as renié le Christ, non pas trois fois, mais trente-trois fois. Sors en avec ton corps, ton cœur et ton esprit. Pierre a quitté les serviteurs du Grand Prêtre. Toi aussi, abandonnes l’amitié de ceux qui t’enseignent à pécher ou qui, sans intention délibérée, sont pour toi les supports de la tentation.

La morale la plus importante du comportement de l’Apôtre repenti est la suivante. Quand saint Pierre s’est trouvé seul, il rentra en lui-même. Il revécut l’horreur de son péché et il pleura amèrement, en souffrant. Quand tu vas te confesser, n’approches pas le prêtre sans t’être préalablement préparé. Tout d’abord, quittes le tumulte de la vie quotidienne. Abandonnez tout autre souci, rassembles ton esprits, et dis une courte prière, du fond du cœur. Rappele-toi tes péchés et retranscris-les éventuellement sur une feuille de papier de telle façon que tu ne les oublies pas dans ton embarras. Gardes conscience de l’impureté de ta vie avant la Confession. Rappele-toi les dix commandements, considères ceux que tu as transgressés, poses-toi la question de la gravité de tes péchés, examines ta conscience, juges par toi-même, pleures sur ta chute, et, dans cet état, rends-toi chez le prêtre. Alors tu pourra avoir conscience de recevoir un véritable pardon. "Un cœur brisé et humilié, Dieu ne le méprisera pas.". (Ps. 50 :17)

Pleurer sur les péchés commis, éprouver un repentir sincère, est absolument nécessaire si tu désires être pardonné de Dieu. En effet, le repentir consiste à verser des larmes, à éprouver un profond regret à cause de notre chute. Comme Saint Isaac le Syrien en témoigne, Dieu accepte la douleur de notre repentir comme une offrande de repentir. Voilà ce qu’il convient de faire avant de nous rendre chez le confesseur.

Pour conclure, "la Confession est précédée par la prière personnelle dans le silence et la solitude, prière de repentir accompagnée par l’examen sérieux des offenses commises à l’encontre du Seigneur, par le regret des fautes et la ferme décision, avec la grâce de Dieu d’y porter remède." C’est aussi une prière d’action de grâce aussi, car Celui que nous avons offensé, Celui qui a subi la passion pour les pécheurs que nous sommes, ne nous a pas abandonnés mais a suscité, par la grâce de l’Esprit-Saint, le mouvement de notre cœur pour qu’il se tourne avec confiance vers le Père des miséricordes."

QUE FAIRE LORSQUE TU TE TROUVES EN PRESENCE DU PRÊTRE ?

1. Lors de la Confession, tu pénètres dans l’infirmerie du Christ.

Ici, Dieu lui-même est le Médecin. Lui seul peut donner ou retirer la vie, juger et acquitter, punir et pardonner. Le prêtre n’est qu’un témoin et un représentant de Dieu. Te voilà maintenant debout visiblement devant le prêtre et invisiblement devant le Christ Lui-même. Tu t’approches avec crainte et tremblement du grand Mystère de la purification spirituelle. Le prêtre entend la confession mais c’est Dieu qui l’accepte. Le prêtre examine ton âme, mais c’est Dieu qui la guérit. Le prêtre prescrit le remède et Dieu opère le miracle du renouvellement spirituel.
En tant que chrétien, sois conscient de la portée de ta démarche. Par suite de ton insouciance ou de ta négligence, de ton ignorance ou de ta peur non fondée, tu pourrais t’en retourner non guéri.Si vraiment tu crains Dieu, sois sans crainte quand tu viens confesser tes péchés. Le Juge devant lequel tu te trouves est infiniment miséricordieux. Il est terrible, mais seulement pour ceux qui ne Le craignent pas ou qui refusent obstinément de se repentir.

2. La Confession doit être faite sans fausse honte.

Dans le monde, nous vivons, pour la plupart, dans une hypocrisie pharisaïque. Nous sommes comme ceci, mais nous désirons nous faire passer pour cela. Nous ne nous montrons pas extérieurement tels que nous sommes vraiment. Nous aimerions que les gens aient une bonne opinion à notre sujet. Nous cachons donc nos défauts et nous montrons nos qualités. Même si nous n’avons aucune qualité marquante, nous nous vantons de vertus imaginaires. Voilà pourquoi nous rencontrons souvent des gens qui, en cette vie, semblent bons extérieurement, mais qui ne le sont pas dans leur cœur. Ne nous mentons-nous pas ainsi les uns aux autres en ce bas monde ? Et devrions-nous mentir quand nous sommes debout pour la Confession ?

Il n’est pas facile de se présenter comme pécheur devant le prêtre quand nous prétendons être debout avec assurance devant tous les autres hommes. Nous avons honte de révéler nos faiblesses. Mais comment guérir si nous dissimulons notre maladie ? Nous surmontons notre honte quand nous allons nous faire examiner par notre docteur, voilà comment nous soignons le corps. Alors pourquoi sommes-nous honteux de nous rendre chez le prêtre pour soigner l’âme ? Ne réalisons-nous pas que cette fausse pudeur dresse un obstacle à l’accomplissement du salut de notre âme ? Ecartons donc la honte et saisissons la détermination. Il convient d’avoir honte au moment où nous péchons, et non pas lorsque nous nous en confessons. Dieu a relié la honte au péché et la détermination à la Confession. N’écoutons pas le démon qui corrompt l’ordre divin et inspire la honte lors de la Confession des péchés et la détermination à son service. Il a tout inversé afin de nous faire périr.

Un jour que l’illustre Socrate se promenait dans une rue d’Athènes, il vit un de ses étudiants sortant de la maison d’une prostituée. Le jeune homme vint couvert de honte devant son maître mais se retira rapidement à l’intérieur pour se cacher. "Jeune homme" lui dit Socrate, "il n’est pas honteux de sortir d’une telle maison, il est plutôt honteux d’y demeurer." Chrétien, le Christ te dit qu’il n’est pas honteux de dévoiler tes péchés en Confession, mais il est honteux d’y demeurer enfermé, c’est-à-dire de le dissimuler au prêtre. Saint Basile le Grand dit que le péché dissimulé consciemment empoisonne inexorablement et fatalement l’âme du pécheur. Comment, en effet, peut-on soigner une maladie si nous la dissimulons au médecin qui a le pouvoir de la guérir ?

Certains sont honteux de se confesser parce qu’ils occupent un poste élevé et appartiennent à l’élite. Considérons néanmoins l’exemple de l’Évêque Potamius. D’un âge respectable, modèle du célibat consacré, il était estimé pour ses vertus. Il arriva qu’il succombât au péché mais s’en releva aussitôt, tout en pensant se repentir devant le Concile des Evêques qui allaient se réunir dans sa ville. A l’ouverture du Concile, l’Évêque Potamius fut élu à la présidence. Il était en effet respecté de tous. Il commença à éprouver en son cœur un horrible combat entre la honte et le sentiment du repentir.

La honte lui disait d’un côté :

"Vas-tu vraiment te confesser en public ?" Le repentir l’appelle de l’autre côté :

"Pourquoi tardes-tu et ne fais-tu pas ce que tu as décidé de faire ?"

"N’as-tu pas honte devant les gens ?", raisonne la honte.

"Tu seras honteux devant Dieu !" conseille le repentir.

"Mais tu es un Prélat. Tu seras une tentation !" raisonne la honte.

"Précisément parce que tu es un Prélat, tu dois donner le bon exemple au monde" crie le repentir.

Finalement le repentir l’emporta et la honte prit la retraite.

Potamius se leva et confessa son péché devant tous. Même les anges au Ciel furent surpris par une telle confession. Si un Prélat n’a pas été honteux de confesser son péché devant tout un Concile, pourquoi serions-nous honteux d’exprimer secrètement nos péchés ? Lorsque David confessa ses péchés au prophète Nathan, il entendit aussitôt un mot réconfortant : "Dieu a écarté ton péché" (2 Rois 12 :13). Par contre, le péché non confessé laisse dans l’âme une blessure incurable, voire mortelle. Apprenons donc à nous confesser avec audace.

Pour conclure, la Confession des péchés requiert la simplicité. Le pénitent n’a pas à avoir honte, mais à se repentir, ce qui est bien différent. Le prêtre en présence de qui il confessera ses fautes est un pécheur comme lui, et qui le sait bien. "Le ministère du confesseur ne consiste pas à juger mais à compatir, à intercéder, à pardonner au nom du Seigneur et à déterminer les remèdes appropriés pour aider à la conversion" rappelle le Trebnik.

Le pénitent ne doit pas avoir peur de la gravité de ses fautes. Le larron a été pardonné. Pierre qui avait renié le Christ a été pardonné. Le pénitent ne doit pas craindre le confesseur même s’il est d’aspect sévère et rude. Car il est courant de constater que l’humilité, la sincérité, la simplicité de la Confession touchent celui-là même qui a été chargé de pardonner au nom du Seigneur. Souvent, la volonté d’obéir du pénitent incite son confesseur à la sagesse et la prudence. Comme le rappelle le Trebnik, le confesseur est tenu au secret de la façon la plus stricte. Non seulement il ne divulguera pas ce qui lui a été révélé, mais encore il ne changera pas son attitude habituelle envers le pénitent à cause de ce qui lui a été révélé. Sauf, bien sûr, dans le sens d’une plus grande charité. S’il s’avérait qu’un prêtre ait manqué à ce devoir, il serait nécessaire d’avoir recours à son Evêque pour que celui-ci prenne les dispositions prévues.

 3. Ne recherche pas d’excuses pour tes péchés.

Acceptons de souffrir en nous exposant volontairement. Cette souffrance est vivifiante et salvifique. L’aveu douloureux de nos fautes nous fait rougir de honte. Nous rougissons d’embarras lorsque nous exposons nos péchés au prêtre. L’aveu est comme une flamme qui brûle nos péchés et guérit notre âme. Rechercher des excuses et des justifications à nos fautes nous éloigne de l’humilité indispensable et de la possibilité de la guérison de notre âme par une confession sincère des péchés. Qu’est la Confession ? Le repentir. Et la personne qui se repent ne peut faire qu’une chose : pleurer et implorer miséricorde. S’il commence à chercher à tromper en se justifiant et en utilisant la ruse, le repentir s’évanouit. Dans le sacrement de Confession, un cœur repentant est très important.

Il est important de se rappeler tout cela, car beaucoup de chrétiens se confessent en essayant toujours de s’excuser d’une certaine manière. Même s’ils confessent leur péché, ils essaient par tous les moyens de le faire apparaître comme moins important et moins lourd en recherchant des circonstances atténuantes afin de le rendre plus innocent. Ils doivent savoir que le Tribunal céleste ne fonctionne pas de la même façon qu’un tribunal terrestre. Devant la Cour terrestre, le défendant essaie de paraître le plus innocent possible de telle sorte qu’il soit acquitté. Devant la Cour céleste, c’est le contraire : celui qui s’accuse davantage et acquitté d’autant plus facilement. N’est-ce pas dans ce but que Jésus-Christ nous appelle à Lui afin de nous pardonner nos fautes volontaires et involontaires ? Aucune religion n’enseigne un Dieu plein d’amour pour l’homme comme la nôtre.

Saint Jérôme, lorsqu’il vivait en Palestine et travaillait dans la grotte de Bethléem où notre Sauveur est né, eut une vision miraculeuse de la Nativité. Jésus-Christ lui apparut sous la forme d’un enfant qui lui demanda :

"Jérôme, si quelqu’un se présentait à toi de ma part et réclamait quelque chose, que Me donnerais-tu?"

"Mes vertus et mes prières" répondit saint Jérôme.

"C’est bien, et quoi encore ?"

"Mon cœur, mon âme, tout mon être."

"J’accepte cela aussi, mais je désire encore quelque chose d’autre de ta part."

"Mais que te donner d’autre, Seigneur ?" se demanda l’ascète.

"Donne-moi tes péchés !". Saint Jérôme commença à crier avec un cœur brisé. Il demande à travers les larmes :

"Pourquoi as-tu besoin de mes péchés, Seigneur ?"

"Pour les prendre sur moi."

Il lui a dit : "Donne-moi tes péchés". Jésus-Christ désire prendre nos péchés. Donnons-les Lui dans le sacrement de Confession, et Il nous pardonnera.

4. Ne dissimule absolument rien consciemment

Si, sans le vouloir, nous oublions un péché, il s’agit de le confesser la fois suivante. Dissimuler quelque chose qui embarrasse clairement notre conscience signifie que nous avons doublé notre péché : tout d’abord nous l’avons commis et ensuite nous l’avons dissimulé.
Ne caches pas ton péché à ton âme. C’est une maladie mortelle. C’est un ulcère qui, s’il n’est pas traité, peut t’envoyer au tombeau. Si tu dissimules tes péchés, tu donnes une grande faveur au démon qui te fait commettre un forfait et le dissimule ensuite dans ton âme comme étant son trésor, celui dont il se servira comme matière d’accusation contre toi. Confesses tout ce qui encombre ta conscience. Au mieux tu évacueras, de ton propre gré, les détritus de ton âme, au mieux celle-ci sera nettoyée avec la grâce divine. Quiconque pèche, s’allie avec le démon tandis que quiconque confesse son péché rompt son amitié avec le démon. Pour le démon, la Confession est une trahison. C’est la seule tricherie vertueuse.

Le Saint Évêque Ignace Briantchaninov nous enseigne que "par la confession des péchés, l’amitié avec les démons est rompue. La haine du péché est la preuve d’un repentir sincère et de la détermination de l’homme à mener une vie vertueuse. Si tu as pris l’habitude de pécher, confesses tes péchés plus souvent, et bientôt tu te libéreras de la captivité du péché. Ce sera avec facilité et joie, que tu suivras le Seigneur Jésus-Christ. Les amis d’un homme qui les trahit continuellement deviennent ses ennemis et s’en éloignent comme d’un traître qui les met continuellement en péril. Les péchés, eux aussi, s’éloignent de l’homme qui les confesse parce qu’ils reposent sur l’orgueil de la nature déchue et ne peuvent pas supporter d’être exposés."

5. Pour la Confession, ne recours pas à des généralités sans portée réelle.

Beaucoup, parmi ceux qui se confessent pour la première fois, apprennent ce qu’il faut dire au prêtre auprès duquel ils se confessent. Soit par timidité, soit par manque d’expérience, ils disent bien souvent des choses inappropriées et quittent la Confession sans en avoir vraiment bénéficié.

Une dame chrétienne avait décidé de se confesser et ne savait pas quoi faire. Elle demanda conseil à une autre dame qui lui dit :

"Dites : Je suis coupable de tout. Et c’est tout !"

"Oh ! alors, c’est très simple"

Elle se tint courageusement devant le serviteur de Dieu. Quand le prêtre l’interrogea à propos de ses péchés, elle dit calmement :

"Père, je suis coupable de tout !" et elle croyait alors en avoir terminé avec sa confession.

"Avez-vous volé des chevaux ?" lui demanda le prêtre avec curiosité.

"Si j’ai volé des chevaux ! ? Je n’ai jamais commis un tel péché." répondit-elle.

"Ah, ainsi vous n’êtes pas coupable de tout" dit le prêtre avec sagesse. "Il y a des gens qui volent des chevaux. Mais vous, semble-t-il, n’avez pas commis ce péché. Voyons donc précisément ce en quoi vous avez péché." Et c’est ainsi qu’il la conduisit à une véritable Confession.

 6. Confesse brièvement et avec précision le caractère de chaque péché.

Les généralités n’apportent aucun bénéfice au pénitent. Il s’agit de rendre compte à Dieu pour chacune de nos transgressions. Bien sûr, cela ne signifie pas qu’il doit commencer à raconter de longues histoires détaillées. Le prêtre est habituellement un homme fort occupé. Pendant les fêtes et particulièrement avant la Communion, beaucoup attendent leur tour pour se confesser à lui. Voilà pourquoi concision, exactitude et brièveté sont nécessaires. Afin d’accomplir cela, il est recommandé de transcrire au préalable les péchés sur une feuille de papier qui sera lue durant la Confession. N’attendons pas que le prêtre nous pose des questions. Le bénéfice sera d’autant plus grand si nous prenons l’initiative de raconter nos péchés. Si le confesseur nous interrompt afin de clarifier notre condition spirituelle et nous pose des questions, nous sommes invités à répondre directement et de façon exacte.

Certains rusent durant la Confession, pensant ainsi tromper Dieu. Ils se leurrent eux-mêmes en croyant ainsi tromper Dieu. Au lieu de décrire brièvement la nature de leurs péchés, par exemple : "Je hais mon voisin" ils vont discourir à propos de leur désir inapproprié de ne pas se compromettre en racontant des histoires longues et fastidieuses et par conséquent inutiles à propos de la haine que leur porte leur voisin, combien il leur a fait du tort, etc. Au lieu de dire : "J’ai volé telle chose à telle personne" ils expliqueront comment tel objet leur a été laissé. Ce n’est pas une confession mais une ruse folle devant Dieu.

7. Ne révèle pas les fautes d’autrui, mais seulement les tiennes. Dissimule autant que possible les noms des personnes qui t’ont tenté ou qui, par ta faute, ont péché avec toi.

Beaucoup de chrétiens ne se soumettent pas à cette règle naturelle et succombent à la situation peu raisonnable de parler seulement des péchés d’autrui ! "Elle, ma belle-fille a fait ceci ou cela. Mon mari est un grossier individu" ou "Ma femme ne m’obéit pas, elle a un sale caractère et elle me cherche continuellement querelle ainsi qu’à ma famille." "Un de mes amis, son nom est tel, vous le connaissez, Père, m’a gravement insulté. Et celui-là, Père, a fait cela". Ce n’est pas une confession que d’accuser les autres plutôt que soi-même. C’est plutôt un jugement sur autrui. Ceux qui font cela viennent chez le prêtre chargés de péchés et quittent encore plus chargés.

8. Ne va pas vanter tes vertus auprès du prêtre

D’autres, quand ils vont se confesser, au lieu d’exposer leur état de pécheur, - ce qui est naturel, nécessaire et bon - commencent d’une façon surprenante à se vanter :

"Père, je n’ai ni tué, ni volé. Je ne suis pas un ivrogne, je vis de façon respectable. Mes voisins et mes amis me respectent. Comme être humain, bien sûr, je dois avoir péché d’une certaine façon, à un certain moment, mais maintenant, je ne me rappelle de rien. Ma conscience est nette."

Cette horrible coquetterie est encore un plus grand péché que ceux que cette personne se vante de ne pas avoir commis ! Ce genre de personne est probablement totalement inconsciente qu’elle possède une intériorité, une âme. Ce n’est pas seulement une coquetterie, mais une tragédie car cette personne se trouve "bloquée" ou aveugle devant le prêtre. Elle a probablement noyé petit à petit son âme dans l’abîme du péché par un orgueil muet et complaisant. Beaucoup de gens parviennent à endormir leur sens moral. Demeurés trop longtemps éloignés de la grâce de Dieu distribuée par les sacrements de l’Église du Christ, ces gens croient qu’ils ne sont pas pécheurs parce qu’ils sont devenus insensibles. Le serviteur zélé du Christ, feu l’archiprêtre Eustache J. du village de... m’a raconté l’histoire suivante au sujet d’un homme de ce genre :

"Mon paroissien Boris. était un ivrogne. Il avait rompu avec l’Église et vagabondait toujours autour du bar. Il ne s’était plus confessé depuis longtemps et n’avait donc plus communié. Un soir, sa sœur, une chrétienne dévote, me rend visite. "Venez, Père, pour confesser et donner la communion à Boris. Il n’est pas malade, mais étant donné que je sais qu’il ne viendra pas chez vous, allez vers lui." J’y suis allé. Je lui ai expliqué combien il serait bon pour lui de se confesser. Mais il est demeuré silencieux. Je lui ai demandé ce qu’il a sur la conscience. Y a-t-il quelque chose qui le dérangeait. "Il n’y a rien. Ma conscience est nette" dit-il. "Mais comment est-ce qu’il n’y a rien ? N’êtes-vous pas un homme pécheur ?" "Je n’ai rien fait de mal". "Et désirez-vous prendre la communion ?" "Pourquoi pas ? Je prendrai la communion" répond-il avec indifférence. "Bien, demain, je viens chez vous avec les Saints Dons." Je suis retourné à la maison, mais quelque chose de très lourd pesait sur mon âme. La sœur de Boris. l’a préparé pour la Sainte Communion, elle l’a aidé à faire sa toilette, lui a donné des vêtements de rechange propres. Le lendemain, me voilà apportant les Saints Dons à la maison de Boris. Mais sur ma route, je rencontrai des connaissances qui m’informèrent que Boris. était mort inopinément durant la nuit. J’étais sidéré d’horreur. A moins qu’il ne s’agisse d’un manque de discernement spirituel de la part du prêtre, peut-être mais alors clairement, Dieu n’a pas permis à Boris. de prendre la Communion parce qu’il ne voulait pas se confesser et s’humilier devant Dieu en admettant qu’il était pécheur."

 9. Ne transfère pas le blâme sur autrui.

Au Paradis, nos ancêtres Adam et Eve ont péché. Ils ont mangé du fruit défendu de l’arbre. Dieu les appelle pour qu’ils se confessent, prêt à leur pardonner. "Adam, où es-tu ? Eve qu’as-tu fait ?" Oh ! s’ils avaient confessé leur péché avec bravoure ! S’ils avaient admis leur culpabilité. S’ils n’avaient pas rejeté le blâme l’un sur l’autre ! Si Adam s’était dit : "Dieu, pardonne-moi ! Je suis fautif !" et si Eve s’était dépêchée d’admettre : "Non, Seigneur, Adam n’est pas coupable parce que je lui ai donné le fruit défendu." S’ils avaient agi ainsi, ils n’auraient pas été expulsés du Paradis.

Mais que firent-ils ? Lorsque Dieu leur parla, ils commencèrent à se justifier et à transférer le blâme l’un sur l’autre.

"Adam, qu’as-tu fait ?"

"Pas moi, Seigneur, mais la femme que tu m’as donnée, elle est à blâmer."

"Ève, qu’as-tu fait ?"

"Pas moi, Seigneur, c’est le serpent, il m’a tentée."

Tous deux dissimulent leur faute. Voilà pourquoi ils furent expulsés du Paradis.

Mais beaucoup parmi nous ne font-ils pas comme Adam et Eve ? Quand tu vas te confesser, le prêtre demande : "Adam, dans quelle condition es-tu ?" "Ève, qu’as-tu fait ?" Si tu te justifies, si tu dissimules tes péchés, si tu blâmes les autres, ce n’est pas une Confession. Dans une véritable Confession, tu te présentes devant le prêtre tel que tu es. Tout en sachant que tu te compromets sans crainte, il s’agit de t’accuser de tes péchés avec soin, regret sincère, sans hypocrisie et avec la volonté de t’amender avec l’aide de Dieu.

10. Aie le désir de ne plus succomber au péché.

La couronne d’un repentir véritable est la ferme intention de ne plus pécher à l’avenir. Il y a des gens qui se confessent dans l’unique but de pouvoir communier, comme c’est la tradition dans l’Église orthodoxe. Ils sont guidés par la pensée que communier sans Confession est un péché grave pour l’âme. Hélas, ils ne décident pas dans leur cœur de commencer une nouvelle vie. Ils pensent : "Je vais pécher jusqu’à la prochaine Confession, et je me repentirai à nouveau ; s’il y a confession, le péché n’est pas si terrible." Et certains se dépêchent souvent malgré eux de commettre les péchés qu’ils désirent mais qu’ils n’ont pas encore commis avant de se confesser, de telle façon qu’ils puissent les rapporter lors de la prochaine Confession. Tout cela est odieux et abject devant Dieu. La Confession n’est pas bénéfique pour ceux qui suivent consciemment les caprices pécheurs de leur volonté pervertie en transgressant sciemment les commandements de Dieu. Un homme qui crée ainsi des habitudes pécheresses en lui-même se demandera en vain, par la suite, pourquoi la Confession ne l’aide pas à se corriger. Il ne parvient pas à se corriger pace qu’il ne le veut pas !

Saint Basile le Grand dit : Ce n’est pas celui qui dit : "J’ai péché" et après cela continue à pécher qui confesse son péché, mais c’est celui qui, selon les paroles du Psaume, a vu son péché et le hait. De quelle utilité est le souci du médecin pour le patient si ce dernier refuse obstinément de s’abstenir de ce qui est dangereux pour sa santé ? De la même manière, il n’y a pas lieu de pardonner les injustices d’un homme qui continue à les commettre. Celui qui continue à vivre dans la débauche ne retire aucun bénéfice à être pardonné du péché de débauche. Le sage Architecte de notre vie désire que celui qui a vécu dans le péché et a fait le serment de commencer une nouvelle vie, mette un terme à ce qui, dans son passé, l’a entraîné au péché et qu’il pose les fondations d’une nouvelle vie, celle d’un homme repenti.

Pour bénéficier de la Confession, nous devons nous résoudre fermement de ne plus pécher à l’avenir. Le repentir authentique est la souffrance que suscite notre conscience de la rupture d’amour avec Dieu, accompagnée de l’intense désir de ne plus répéter ce péché. Qui se permet de pécher arbitrairement, avec l’espoir qu’il se repentira, dit Saint Isaac le Syrien, triche avec Dieu. La mort le touche inopinément, et il ne vit pas jusqu’à l’accomplissement du temps qui lui est imparti pour se consacrer à la vertu. Pour bénéficier de la Confession, tu dois te résoudre à ne plus pécher dans le futur. Pour que cela se produise, au cours de la Confession, souhaites de tout ton cœur commencer une nouvelle vie. Si tu éprouves ce désir libérateur, aie confiance que Dieu nous aidera par tous les moyens possibles.

Pour conclure, la Confession est adressée à Dieu. Il connaît nos manquements bien mieux que nous-mêmes. Il s’agit donc que la Confession soit complète (ne pas avouer le moustique en dissimulant le chameau), exacte (en disant simplement les circonstances aggravantes), claire (sans user d’habiles périphrases), sobre (sans vaine complaisance dans l’aveu, non plus), et humble(acceptant comme un remède salutaire la pénitence éventuelle indiquée par le confesseur, même s’il s’agit de l’abstention momentanée de la communion eucharistique). Le véritable repentir amène le pénitent à n’incriminer que lui-même sans s’excuser ni, par de pseudo aveux, dénoncer et accuser d’autres personnes.

QUE FAIRE APRÈS AVOIR QUITTE LE CONFESSEUR ?

Après une Confession, il convient d’exécuter l’épitémie (la réparation) qui nous a été donnée : prosternation, prière intense, jeûne, lecture assidue de la Parole de Dieu, aumône, visite des malades, soin des orphelins. Il convient de prêter attention aux points suivants :

1. Si tu éprouves de l’inimitié contre quelqu’un, pardonne de tout ton cœur.

C’est ainsi que Dieu te pardonnera (Mt 6 :14,15). Sinon ta Confession est vaine. Thermistocle et Aristide, gouverneurs éminents d’Athènes, étaient des ennemis notables. Mais le pays confia à tous deux une fonction importante de l’Etat. Toutefois, pouvaient-ils abandonner leur inimitié ? Alors Aristide dit : "Thermistocle, voulez-vous abandonner votre inimitié, ici, à la frontière. Nous irons là où l’on nous appelle, nous accomplirons le travail, et si vous le désirez, quand nous reviendrons, nous renouvellerons notre inimitié." Et c’est ainsi qu’ils firent. Après avoir accompli le travail pour l’État, ils retournèrent d’où ils étaient venus et reprirent leurs hostilités !

N’en est-il pas ainsi avec les chrétiens qui ont une relation hostile avec leur prochain ? Ils se confessent, communient à la même Coupe, laissent leur hostilité à l’entrée de l’église, et quand ils la quittent, ils renouvellent leur inimitié. Cela constitue-t-il une Confession ? Ils commettent un plus grand péché en se confessant et en prenant la communion sans abandonner leur haine envers leurs ennemis personnels. Mettons donc fin aux inimitiés.

2. Ceux qui ont admis en Confession qu’ils avaient violé leur célibat ou l’honneur de leur famille, doivent quitter pour toujours la mauvaise voie. Ils ne peuvent aimer Dieu et le péché.
Un philosophe était allé faire du bateau en pleine mer. Une violente tempête manqua presque de renverser son bateau. Ce fut un miracle qu’il ait survécu. Il revint à la maison et, étant donné qu’une fenêtre de celle-ci donnait sur la mer, il l’emmura de telle façon qu’il ne puisse plus regarder la mer et succomber à l’attrait de naviguer.

Chrétien, combien de fois, toi aussi, tu as presque perdu ta vie et ton âme dans la mer de l’amour dissolu. Tu as été libéré miraculeusement. Maintenant évites-en les causes. N’empruntes plus cette route. Fermes les yeux de telle façon que la tentation ne pénètre pas dans ton cœur. Sinon, tu périras.

3. Si tu t’es emparé de la possession d’autrui, si tu as volé quelqu’un, rends ce qui ne t’appartient pas. Sinon, il n’y aura pas de pardon pour toi.

Si tu blasphèmes le saint Nom de Dieu, si tu renies la foi orthodoxe, si tu te mets en colère, si tu t’enfles d’orgueil, d’envie ou commets d’autres graves péchés, lorsque tu t’en repens, et que tu te confesses, tout t’est pardonné. Comme représentant de Dieu, le prêtre peut nous pardonner nos péchés contre Dieu, si nous nous repentons.

Par contre, si nous conservons, par exemple, la propriété d’autrui et le confessons sans la rendre, le prêtre n’a pas le droit de nous pardonner. Si nous gardons en nos mains la propriété d’un homme pauvre, comment le prêtre pourrait-il nous pardonner ? L’homme pauvre n’a pas choisi le prêtre comme son substitut et ne lui a pas donné le pouvoir de faire grâce à sa place pour ce qui a été volé.
Mais certains disent : "Je donne des aumônes dans les monastères ainsi qu’aux pauvres." 

Réfléchissons calmement : aucune loi, ni de Dieu, ni des hommes, ne permet à une premier homme de donner comme présent à un second la propriété d’un troisième. Pour cette raison, afin de recevoir le pardon de Dieu, retourne ce qui ne t’ appartient pas.

Résumons brièvement les règles d’une Confession salutaire. Avant d’aller voir le confesseur, examine soigneusement ta conscience. Ensuite, lorsque tu es en présence du prêtre, c’est-à-dire avoue ton péché, mets fin aux hostilités, et exécute la réparation, abandonnes ta vie impure et rends ce qui n’est pas à toi. Celui qui ne corrige pas son comportement après la Confession, ne se confesse pas, mais il parle en l’air, selon les paroles de saint Basile le Grand.

Extrait du livre de l'Archimandrite Séraphim Alexiev,
The Forgotten Medicine : The Mystery of Repentance.
(St. Xenia Skete Press, Wilwood CA, 1994).
Traduit de l'anglais par l'Archiprêtre Paul Pellemans.
Reproduit avec l'autorisation de l'Archiprêtre Paul Pellemans

Source:


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Le pain distribué comme antidoron est sanctifié auparavant, car il a été offert à Dieu

Saint Nicolas Cabasilas

Saint Nicolas Cabasilas ajoute ceci:

«Le pain distribué comme antidoron est sanctifié auparavant, car il a été offert à Dieu. Tous les participants chrétiens le reçoivent avec dévotion dans le creux de la paume droite et embrassent la main droite du prêtre qui vient de toucher et rompre le Corps tout saint du Christ, le Sauveur. Notre Église croit que la main du célébrant, comme elle a été tout entière sanctifiée, transmet cette sanctification à ceux qui la touchent et l’embrassent».

(Saint Nicolas Cabasilas, P.G. 150, 489 C.)

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Pour grandir dans la foi: 
Le conte des trois arbres

Même si nos plans ne semblent pas toujours coïncider avec ceux de Dieu, Lui sait ce qui est le meilleur pour chacun de nous et le résultat final dépasse nos espoirs les plus fous…

Il était une fois, tout en haut de la montagne, trois petits arbres qui rêvaient de ce qu’ils deviendraient quand ils seraient grands…

Le premier, regardant les étoiles, déclara :

—Quand je serai grand, je veux être le plus beau coffre du monde, rempli de trésors. Pour cela, je suis même prêt à être coupé.

Le deuxième arbre regarda le ruisseau et soupira :

—Moi, je veux être un grand navire et transporter des rois et des reines.

Le troisième petit arbre regarda la vallée et dit :

—Je veux rester ici en haut de cette montagne et grandir si haut que lorsque les gens me regarderont, ils lèveront les yeux et penseront à Dieu.

Les années passèrent et les petits arbres devinrent grands. Un jour, arrivèrent trois bûcherons qui coupèrent les trois arbres, tous impatients d’être transformés en ce dont ils rêvaient. Mais les bûcherons n’ont pas l’habitude d’entendre et de comprendre les rêves… Dommage !

Le premier arbre fut transformé en une mangeoire pour animaux, recouverte de foin.

Le deuxième devint un simple petit bateau de pêche et, tous les jours, il transportait des personnes et des poissons.

Et le troisième arbre, celui-là même qui rêvait de rester tout en haut de la montagne, fut coupé en grosses poutres, empilées dans un entrepôt.

Et tous trois se demandaient, désabusés et tristes :

—Pourquoi ça ?

Mais, une certaine nuit, pleine de lumières et d’étoiles, où l’air bruissait de mille musiques, une jeune mère plaça son Nouveau-Né dans cette mangeoire. Et soudain, le premier arbre sut qu’il renfermait le plus grand trésor du monde !

Le deuxième arbre, des années plus tard, transporta un homme qui s’était endormi dans le bateau ; mais quand la tempête se leva et que la petite barque allait sombrer, l’homme se leva et dit : « Paix ! ». Et en un éclair, le second arbre sut qu’il transportait le Roi du ciel et de la terre.

Quelques temps plus tard, un vendredi matin, le troisième arbre fut surpris quand ses poutres furent assemblées en forme de croix et qu’un homme fut cloué sur elles. Il se sentit horrible et cruel. Mais le dimanche déjà, le monde entier vibrait de joie et le troisième arbre sut que, dessus, un homme avait été cloué pour le Salut de l’humanité et qu’en la regardant les gens se souviendraient toujours de Dieu et de son Fils Jésus-Christ.

Les arbres avaient eu des rêves… Mais leurs réalisations étaient mille fois plus grandes et plus sages que ce qu’ils avaient imaginé.

Nous avons nos rêves et de nos plans qui, parfois, ne coïncident pas avec les plans de Dieu pour nous ; et, presque toujours, nous sommes surpris par sa générosité et sa miséricorde. Il est important pour nous de comprendre que tout vient de Dieu, de croire et d’avoir la foi, car Il sait très bien ce qui est le mieux pour chacun de nous !

Auteur anonyme

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De la paix des simples 
et de la prospérité des sots

Saint Nicolas Vélimirovitch

"Car la résistance des stupides les tue, et la sécurité des insensés les perd" (Proverbes 1:32).

Est-ce que la paix tue? Oui, la paix sans Dieu tue. Est-ce que la prospérité détruit? Oui, la prospérité sans Dieu et contraire aux lois de Dieu peut détruire. Simples sont ceux qui cherchent une telle paix et ceux qui courent après une telle prospérité sont des sots. Car, en substance, ils ne cherchent pas la paix mais plutôt l'épée et ne courent pas après la prospérité, mais plutôt après la destruction.

Qu'est-ce que la paix des simples et qu'est-ce que la prospérité des sots? La paix des simples, c'est la paix physique et la prospérité des insensés, c'est la fête physique. Le roi Hérode voulait une telle paix et il a été consommé par les vers. Jézabel voulait une telle prospérité et son chien l'a consommée.

De quel nom appellerons-nous un homme qui, en décidant de construire une maison, pense qu'il mettra le toit dans l'air d'abord et ensuite érigera les murs et ensuite jettera les fondations de la maison? Nous l'appellerons un niais et un sot. Pareils sont tous ceux qui tentent d'établir la paix dans le monde sans paix intérieure et d'établir la prospérité extérieure pour les hommes, sans la prospérité intérieure.

La foi chrétienne est la seule qui construit sur une Fondation et la Fondation c'est le Christ, roc ferme et indestructible. Ainsi, la foi chrétienne pour la paix et la prospérité des hommes se fonde sur le Christ. Une paix intérieure, bénie et joyeuse est construite sur le Seigneur Christ et sur cette paix, la paix extérieure est construite.

Il en est ainsi de la véritable et durable prospérité. Il est toujours préférable de dire que la vraie paix et la prospérité véritable est comme une maison bien construite et la paix extérieure et la prospérité sont comme les ornements extérieurs de la maison. Toutefois, si les ornements extérieurs tombent, la maison sera maintenue, mais si la maison est détruite, les ornements seront-ils ensuite suspendus dans l'air?

Ô mes frères, l'enseignement chrétien est le seul enseignement raisonnable sur la paix et la prospérité. Tout le reste n'est que folie et sottise. Car, comment les serviteurs pourraient-ils construire une maison sur la propriété du Maître sans la permission du Maître et sans son aide?

Ô Seigneur, source de la paix véritable et la véritable prospérité éternelle, sauve-nous de la paix des simples et de la prospérité des insensés.

A toi est la gloire et la reconnaissance à jamais. Amen!

Source:


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CANON DE SUPPLICATION À LA MÈRE DE DIEU (ENFANTS)

Ode 1 – en ton 1

« Ta droite victorieuse, magnifique en sa force, s’est couverte de gloire ; car, ô Seigneur immortel, grâce à ta puissance, elle a broyé les ennemis en ouvrant pour Israël une voie nouvelle au profond de la mer ! »

Refrain : Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Incompréhensible est le mystère de ta personne déifiée, ô Mère de Dieu : les ténèbres qui voilent notre intelligence et notre cœur, purifie-les par la lumière du saint Esprit afin que nous te chantions : Réjouis-toi, Vierge Mère de Dieu, réjouis-toi !

Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Digne de la plus haute admiration est la gloire de ta triple virginité, ô Vierge : les puissances angéliques la chantent et la célèbrent dans les cieux ! Donne-nous, à nous pécheurs, la grâce de ton Fils et ton Dieu qui magnifie sa Mère très pure !

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit !

Ta conception fut miraculeuse, ô Marie ! Joachim et Anne ont exulté et ont glorifié la miséricorde du Seigneur à leur égard. Accorde-nous le souffle de la gratitude et de la louange pour les enfants que le Seigneur accorde à notre indigne prière, car en toi se réjouit toute créature !

Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen !

Abraham offrit son fils unique par obéissance au Seigneur : voyant son abnégation, le Père céleste accepta l’offrande de son cœur brisé, et lui permit d’immoler son agneau au lieu d’Isaac. Nous aussi, ô Mère de miséricorde, par l’Esprit qui habite en toi, purifie-nous de toute possession à l’égard de nos enfants.

Ode 3

« Toi qui seul connais la faiblesse de la nature humaine, lui étant devenu semblable, dans ta compassion, revêts-moi de la force d’en-haut, pour que je chante devant toi : Saint est le temple spirituel de ta gloire immaculée, Seigneur ami des humains ! »

Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Ô bien nommée Buisson ardent, ton amour pour ton Fils et ton Dieu est plus brûlant que celui des séraphins ; et ta compassion pour les humains les réchauffe et les fortifie. Viens en aide aux parents éprouvés par les souffrances de leurs enfants et sauve-les du désespoir !

Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Tu fis des chérubins ton trône, ô Vierge reine ! De leurs innombrables yeux ils contemplent la lumière incréée de la Divinité et toi, ô Marie, tu es Celle qui voit Dieu. Nous aussi, malgré nos péchés, grâce à ta prière et selon notre foi, il nous sera donné de voir l’amour du Seigneur pour nos petits enfants !

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit !

Toi qui montres la Voie, ne te lasse pas de désigner à notre espérance et à notre louange ton Fils et ton Dieu. C’est Lui, notre Sauveur, qui appela près de lui les petits enfants pour les bénir avec amour et nous les donner en exemple de pureté.

Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen !

Reine des anges, Gabriel s’adressa à toi de la part du Seigneur : qu’à nous aussi pécheurs revienne le charisme de te célébrer pour l’union de la divinité et de l’humanité qui s’opère en toi, nous qui confessons la vraie foi.

Sauve de tout danger tes serviteurs, car c’est en toi qu’après Dieu, ô Mère, nous trouvons un abri, unique Rempart, inébranlable Protection !

Dans ta bienveillance, penche-toi sur les souffrances de mon corps, Mère de Dieu toute digne de nos chants ; viens de mon âme guérir la douleur !

Cathisme, ton 2

Fervente avocate, inexpugnable Rempart, Source de miséricorde et Refuge de l’univers, vers toi nous crions sans répit : Mère de Dieu et Souveraine, empresse-toi, délivre-nous de toute adversité, car seule tu te hâtes d’accorder ton secours !

Ode 4

« Montagne ombragée par la grâce de Dieu, le prophète Habacuc t’a reconnue de son regard de voyant. De toi, a-t-il prédit, sortira le Saint d’Israël pour notre salut et notre restauration. »

Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Orante est ton nom ! En tout temps et en tout lieu, tu es celle qui élève vers le Seigneur tes mains très pures pour le supplier et le louer au nom des croyants et de tous les humains, les pécheurs et les justes. En cette heure bénie, intercède, en ton sacerdoce maternel, pour tous les enfants qui souffrent en ce monde !

Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Mère de toute protection, ta maternité est un voile qui couvre l’humanité d’une chaleureuse et divine compassion : protège, garde, convertis et sauve tes serviteurs, les parents qui mettent leur confiance en toi et en ton Seigneur !

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit !

Vierge de tendresse, ouvre-nous la porte de la tendresse divine, ô Marie et donne-nous d’aimer les petits enfants de l’amour dont les aime le Christ, car notre cœur est égoïste et sec.

Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen !

Les jeux de nos enfants sont l’image de la sagesse incréée ! Ton Fils et ton Dieu joua comme enfant avec sa Mère très pure en sa sainte et véritable humanité. Donne à nous, les pères et les mères selon Dieu, la sagesse qui éduque et qui éveille à la miséricorde divine !

Ode 5

« Par l’éclat de ton avènement, Tu as illuminé les confins de l’univers en les éclairant, ô Christ, par la splendeur de ta croix : fais briller aussi la lumière de la divine connaissance dans les cœurs qui te chantent selon la vraie foi ! »

Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Tu allaites ton créateur devenu en toi être humain véritable. De ton sein très pur et virginal, fais couler aussi le lait de la divine consolation sur les pères et les mères brisés par la souffrance de leurs enfants.

Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Tes caresses, ô Mère du Christ Dieu, ont réjoui ton enfant par l’humanité de ton amour. Rends-nous dignes d’avoir part à une telle tendresse afin de consoler et de réjouir tout enfant éprouvé en son âme ou en son corps.

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit !

A l’annonce et devant les signes futurs de la Passion de ton enfant chéri, tu tremblas de frayeur, ô Mère très sainte ! Tu connais l’angoisse et la détresse des parents devant l’épreuve de leur enfant : aide-les par ta compréhension maternelle et sauve-les du découragement !

Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen !

Tes entrailles se sont serrées quand tu sus quelle souffrance souffrait ton divin enfant : sois proche, nous t’en prions, de nos souffrances, quand notre cœur se fend de douleur !

Ode 6

« Le fond de l’abîme nous entourait, et nous n’avions personne pour nous délivrer ; nous étions comptés comme brebis d’abattoir. Sauve ton peuple, ô notre Dieu, car Tu es la force des faibles et leur relèvement ! »

Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Dans une grotte, à Bethléem, tu mis au monde et tu abritas le Dieu que tu avais conçu. Dans la grotte de notre cœur, ô Marie, fais habiter aussi ton Seigneur très doux et très humble !

Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Il est digne en vérité de te célébrer, ô Mère de Dieu ! De façon incompréhensible pour les anges et pour les humains, tu conçus humainement le Dieu de l’univers. Inconnaissable est la virginité que tu gardas dans la conception et dans l’enfantement : en te magnifiant, nous glorifions Celui qui en toi engendra son Fils unique et Verbe !

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit !

Ô Vierge au triple sceau, tu connais la virginité et l’innocence des tout-petits. Intercède pour eux dans leur souffrance et réjouis-toi pour leur joie, car ils n’ont rien pu faire de mal !

Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen !

En nourrisson, tu fus portée sur les bras de sainte Anne ta mère, et Joachim, ton père béni, rendait au Seigneur l’action de grâce due à ta conception miraculeuse. Ils virent en Esprit les souffrances que tu porterais et ne cessèrent pour autant leur louange !

Sauve de tout danger tes serviteurs, car c’est en toi qu’après Dieu, ô Mère, nous trouvons un abri, unique Rempart, inébranlable Protection !

Dans ta bienveillance, penche-toi sur les souffrances de mon corps, Mère de Dieu toute digne de nos chants ; viens de mon âme guérir la douleur !

Kondakion en ton 6

Protectrice assurée des chrétiens, + Médiatrice sans défaillance devant le Créateur, / ne dédaigne pas la voix suppliante des pécheurs !// Mais dans ta bonté+ hâte-toi de nous secourir, / nous qui te crions avec foi:// « Sois prompte dans ton intercession, + et empressée dans ta prière, ô Mère de Dieu, / Secours constant de ceux qui t’honorent ». //

Ode 7

« Nous les fidèles, nous reconnaissons en toi, ô Mère de Dieu, la fournaise spirituelle. Et de même qu’Il a sauvé les trois Jeunes Gens, le Très-Haut a renouvelé en ton sein le monde entier, le Seigneur Dieu de nos Pères, digne de louange et de gloire ! »

Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Source de vie, tu mis au monde celui qui est la Vérité, la Voie et la Vie. Tu conçus et enfantas le vrai médecin de nos âmes et de nos corps : prie-le, ô Mère, pour tous ceux qui servent et soignent par sa grâce les enfants souffrants !

Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Comme en un jardin clos, le Seigneur trouva en toi sa demeure et son repos. Veuille, ô Paradis spirituel, accorder à tous les parents qui te supplient, la grâce de s’abandonner dans la foi à ton Fils et ton Dieu !

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit !

Tu es la Joie des affligés ! Ecoute, ô Mère, les cris et les plaintes des enfants tourmentés ! Tu connais leur innocence et leur jeunesse : épargne-leur la maladie de l’âme et du corps et sauve-les de toute douleur ; sois la joie de leurs parents et de toute notre fraternité affligés !

Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen !

En toi se réjouit toute créature, car tu es celle qui nous fais connaître Jésus, ton Seigneur et ton Dieu, notre Seigneur et notre Dieu. Montre-le-nous présent dans l’affliction des tout-petits !

Ode 8

« Dans la fournaise, comme en un creuset, brillèrent les enfants d’Israël par l’éclat de leur piété plus pure que l’or fin ; et ils se mirent à chanter : Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres ! Louez-le ! Exaltez-le dans tous les siècles ! »

Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Inacceptable est le tourment des enfants. Toi-même, ô Vierge, le supplice de ton Fils te déchirait les entrailles : Comment souffres-Tu, disais-tu, Toi qui est la vie et l’allégresse de l’univers ? Sur l’agonie des parents et des enfants, verse, ô Compatissante, le baume de ta tendresse !

Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Sans raison est la douleur des tout-petits, car ils n’ont rien pu faire de mal ! Nos péchés sont innombrables et nous accablent : prie, ô Vierge, pour notre conversion et notre pardon !

Bénissons le Seigneur, Père et Fils et saint Esprit !

Entendant l’appeler la voix de son Dieu, Samuel enfant répondait : Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ! A nos enfants aussi, ô Mère de la Sagesse, donne l’écoute de la Divinité et le souffle prophétique !

Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen !

Toute-Sainte est ton nom, ô Vierge, car l’Esprit, Saint, Seigneur et Vivifiant, sanctifia et déifia ton sein très pur par la conception du Verbe et Fils unique de Dieu. Sanctifie-nous par ta protection, nous qui, par amour pour nos enfants, nous réfugions près de toi !

Ode 9

« Pour image de ton enfantement, nous avons le buisson ardent qui brûlait sans être consumé ; en nos âmes, nous te prions d’éteindre la fournaise des tentations, pour qu’alors, ô Mère de Dieu, sans cesse nous te magnifiions ! »

Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

A l’âge de trois ans tu fréquentais le temple de ton Seigneur. Adolescente, si jeune encore, tu reçus dans ta virginité la semence divine du Fils de Dieu et Fils de l’Homme. Tu connus par le vieillard Siméon qu’un glaive traverserait ton cœur de vierge mère et, avec audace et avec foi, tu disais au Seigneur : Qu’il m’advienne selon ta parole !

Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Le Seigneur Jésus Christ ton divin et humain fils montra aux enfants son amour paternel. Ta maternité nous révèle l’amour du Père céleste. Inspire-nous, ô Mère, la paternité et la maternité, non seulement selon la chair, mais selon l’Esprit saint, pour porter, consoler et guider nos enfants sur le chemin de sainteté !

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit !

Coryphée de tous les saints, Chef de file et Tête de tous ceux qui intercèdent devant le Trône du Très-Haut, Prototype de toute sainteté humaine, Modèle des martyrs et des justes de tous les temps, avec saint Nicolas, l’ami des enfants, intercède pour les tout-petits que menacent la maladie et la mort !

Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen !

Mère de Dieu digne de toutes les louanges, Montagne non taillée de main d’homme, Portée dans les bras de sainte Anne, Mère de la Supplication et du Refuge, Grande Humilité, Consolatrice de nos peines, dont le voile et la ceinture protègent la sainte Eglise de Dieu, Joie inattendue, Calice du salut, Guide et Pédagogue de nos âmes, toi qui bénis de trois mains, Fleur immarcescible, écoute les prières de supplication et de louange des pères et des mères éprouvés en leurs enfants !

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